Innelec a les cartes TCG en main

Le marché des cartes TCG connaît une croissance continue. Innelec s’y impose comme un acteur structurant, à la fois distributeur de cartes (Magic et Yu-Gi-Oh!) et concepteur d’accessoires de protection via sa marque Konix. Entretien croisé avec Renaud Brach, Head of Sales & Marketing de Konix Interactive, et Frédéric Khiari, directeur Licensing et Achats Consumer Products chez Innelec.
Quelle place occupent les cartes TCG dans la stratégie d’Innelec ?
Renaud Brach : Le segment TCG constitue aujourd’hui l’un des leviers majeurs de croissance d’Innelec. Nous avons structuré une approche durable sur ce marché, dont le potentiel ne cesse de s’élargir. Les distributeurs apprécient la dynamique d’un produit physique à forte valeur récurrente, qui combine plaisir de collection, logique de jeu et ventes complémentaires via les « accessoires » de protection.
Frédéric Khiari : Ces cartes génèrent un flux régulier en point de vente, y compris durant les périodes traditionnellement creuses. Chaque licence alimente le marché régulièrement (en moyenne tous les 2 mois chez Magic et en moyenne tous les mois chez Yu gi oh), ce qui entretient la fréquentation et la fidélité des joueurs. Dans ce contexte, le rôle des revendeurs s’avère décisif pour animer la demande et structurer la visibilité en rayon. Nous collaborons étroitement avec nos partenaires éditeurs – Wizards of the Coast et Konami – afin de concevoir des dispositifs de merchandising efficaces : habillages, corners dédiés, présentoirs thématiques…
Comment s’articule votre partenariat autour de Magic: The Gathering ?
F.K. : Depuis trois ans, nous entretenons une coopération stratégique avec Wizards of the Coast, détenteur de Magic et Donjons & Dragons. Leur priorité visait une montée en puissance du référencement et du « sell-out » sur le marché grand public.
R.B. : Historiquement, Magic se distribuait via plutôt un réseau restreint de boutiques spécialisées, orientées vers les passionnés. Nous avons accompagné Wizards Wizards of the Coast dans l’ouverture de nouveaux canaux. Désormais, le jeu occupe les linéaires de la plupart des enseignes culturelles et gaming – Fnac, Cultura, Micromania, Cultura …– mais aussi ceux de la grande distribution, ainsi que les jouettistes. Cette expansion renforce la visibilité de la licence et consolide son ancrage auprès d’un public élargi.
F.K. : Wizards of the Coast intensifie également sa stratégie de diversification et de conquête de nouveaux fans en multipliant les passerelles entre univers : des éditions spéciales Magic s’inspirent de Final Fantasy, du Seigneur des Anneaux ou encore de Spider-Man. Ces collaborations transversales dynamisent la marque et favorisent l’entrée de nouveaux joueurs dans l’écosystème.
… Et pour Yu-Gi-Oh! ?
F.K. : Konami souhaitait amplifier la diffusion de Yu-Gi-Oh! au-delà de ses circuits historiques, notamment vers la grande distribution. Innelec l’a accompagné dans cette évolution. La licence cible un public plus jeune que Magic, mais tout aussi engagé. Les deux gammes se complètent parfaitement, chacune nourrissant une communauté fidèle et active.
Innelec développe aussi des produits dérivés autour de ces univers. Où en est ce projet ?
R.B. : Par ailleurs, nous ne sommes pas « que » des distributeurs de cartes. Nous construisons un véritable écosystème autour des TCG avec Konix, notre marque d’accessoires. Notre offre de protection – classeurs, pochettes, sleeves – rencontre un vif succès. Cinq références composent actuellement la gamme, qui passera à une vingtaine d’ici la fin de l’année (binders, classeurs, deckbox…) et à ce stade, nous ne nous mettons pas de limites pour les prochains développement, le marché est conséquent et nous répondons aux attentes et aux besoins des enseignes. Nous réfléchissons également à des versions sous licence afin de renforcer la synergie entre les cartes et leurs accessoires. Cette logique de valeur ajoutée complète notre approche de distributeur et consolide notre position sur le marché.
