LDLC S’IMPLANTE AU CŒUR DE PARIS

 

Avec l’ouverture d’un grand magasin de 1 000 m2, place de la Madeleine, en plein cœur de Paris, LDLC opère un changement important dans sa stratégie. Désormais l’enseigne qui compte déjà plus de 90 boutiques à travers la France, entend faire croitre sa notoriété auprès du grand public. Laurent de la Clergerie, fondateur et Président de LDLC nous explique les raisons de cette ouverture et revient sur la situation du groupe.

Quels sont les premiers retours après l’ouverture de ce nouveau magasin flagship?

Ils sont très positifs. Nous avons ouverts en toute discrétion le 20 aout dernier et la fréquentation et le chiffre d’affaires sont déjà au rendez-vous (NDLR entretien réalisé le 15 septembre). Nous avons choisi le site de la Madeleine (Paris 8e) car il bénéficie d’une forte fréquentation. Situé à côté du magasin Leroy Merlin, avec un magasin Darty en sous-sol et de grandes enseignes comme Decathlon, la place est un lieu de fort trafic au cœur de Paris, à proximité des grands magasins parisiens. De plus ce site est très accessible en transports en commun par toutes les personnes d’Île-de-France. En limitant notre communication au seul métro de Madeleine, 15 jours après l’ouverture les premiers chiffres sont bons, bien au-dessus de nos estimations. Depuis, nous avons élargi la communication à tout le métro parisien en insistant sur la garantie 5 ans et nos services. Reste maintenant à confirmer sur la durée, mais tous les signaux sont au vert, et je suis confiant sur cette fin d’année.

Comment se positionne l’offre de ce magasin ?

Le magasin de la Madeleine se veut résolument grand public. Aéré très agréable, accueillant, avec de nombreux espaces de découvertes en libre touché : PC, TV, smartphones, casques, enceintes, objets connectées, vidéoprojecteurs, etc. En résumé, tout l’univers de la high-tech, auquel s’ajoute une offre consoles de jeu,  Pop Culture (Lego, figurines) et maison connectée (aspirateurs robots, balances connectées). Au total, ce sont 3 000 références qui sont présentées dans les meilleures conditions avec en soutien les conseils de nos vendeurs experts. Nous avons ciblé très clairement le grand public à travers cette boutique, et notamment dans la sélection des produits. Nous avons voulu en faire un lieu unique, véritable eldorado de la high-tech en plein cœur de Paris, qui se différencie des boutiques LDLC classiques et de ce qu’on trouve autour chez nos concurrents parisiens. Nos clients habituels seront un peu surpris, mais c’était voulu dès la conception. Nous avons par exemple délibérément retiré la partie composants. Toutefois nos 30 000 références du site restent accessibles via nos vendeurs.

Dans les consignes données aux équipes, j’ai insisté sur le fait de s’adapter au client et de ne pas submerger de références techniques un client qui n’y connais rien. Il faut s’adapter à cette nouvelle clientèle. Autre consigne plus générale chez LDLC : il est important de répondre précisément aux besoins du client, tout en restant dans son budget. Un bon conseiller doit se mettre au niveau de son interlocuteur. C’est essentiel pour un groupe comme LDLC qui se différencie d’abord par l’expertise et la qualité de conseils de ses vendeurs, place de la Madeleine comme ailleurs.

LDLC est le spécialiste du e-commerce de la High-tech en France. Pourtant vous avez choisi très tôt d’ouvrir des boutiques physiques. Pour quelles raisons ?

C’est simple, dès le départ, mon analyse était que le secteur du e-commerce ne pouvait pas aller au-delà de 40%, même en étant très optimiste. S’il atteint globalement 25% aujourd’hui ; ne pas ouvrir de boutiques physiques, cela voudrait dire laisser 75% du marché à nos concurrents du retail. Depuis le début, LDLC s’est appuyé sur des magasins physiques pour se développer. Et depuis 11 ans, nous avons déployé des boutiques LDLC à grande échelle sur tout le territoire en nous appuyant sur la franchise (50% en propre, 50% en franchise) dans les zones où nous avions une forte base clients. D’ailleurs l’informatique est un secteur qui demande du conseil, la boutique occupe un rôle central. Désormais, LDLC s’appuie sur 90 boutiques (NDLR : sans compter les 15 Apple Premium Reseller). Le projet de la Madeleine a été développé en propre afin de maitriser tous les éléments de A à Z. J’ai personnellement participé car ce projet constitue une priorité stratégique pour le groupe.

Quel était votre objectif en ouvrant ce point de vente atypique ?

Le premier était de répondre à notre déficit de notoriété en Île-de-France. En tant que spécialiste de la high-tech, nous sommes très connus de tous les passionnés de gaming et professionnels de l’informatique en France. En revanche, pour acheter un PC grand public, le client se tourne souvent vers d’autres enseignes alors que nous disposons de toute l’offre nécessaire. De plus, une partie du grand public, dans certaines zones comme l’Île-de-France, ne nous connait pas assez, contrairement à la région lyonnaise où nous avons une notoriété record. Notre taux de notoriété spontané nationale est seulement de 9% (25% en notoriété assistée). L’ouverture d’un grand magasin spacieux à Paris constitue donc un élément de conquête important à un moment où le groupe doit se relancer. Cette ouverture constitue une forme de rupture dans notre stratégie. Après deux années délicates, nous avons conscience que nous devons faire plus en nous attaquant plus frontalement au grand public. Heureusement, le groupe dispose d’une situation financière saine qui nous a permis d’investir dans ce projet clé.

Comment se porte le groupe LDLC aujourd’hui ?

Le dernier trimestre (1er trimestre de l’exercice 2025-2026) montre un chiffre d’affaires consolidé de 127,2 millions d’euros en croissance de 7,6% et notamment sur le volet d’activité grand public (+13%). Un secteur qui représente 72% du chiffre d’affaires total du groupe. Les revenus issus des boutiques renouent avec la croissance (+2,9%). LDLC retrouve donc un rythme de croissance soutenu. Nous conservons une situation financière saine grâce à une bonne anticipation du marché et une réduction des coûts malgré une année très difficile sur le dernier exercice, la pire de l’histoire du groupe. De plus, les choix stratégiques du groupe axés sur une amélioration constante des services offerts (garanties, rapidité de livraison, proximité, …) portent leurs fruits. 5 ans après le Covid, une nouvelle période de rééquipement se dessine et cela porte l’ensemble du marché de l’IT et notre groupe.

LDLC a racheté plusieurs de ses concurrents. Quels est leur place au sein du groupe ?

Pour mémoire, LDLC compte plus de 1000 salariés, 15 enseignes dont 8 sites marchands. Nous avons su consolider le groupe au fur et à mesure des années en rachetant plusieurs de nos concurrents : Top Achat, Materiel.net et dernièrement Rue Du Commerce. Cela a toujours été un choix stratégique de conserver chacune de ses marques. Et cela ne changera pas. Rue du commerce, intégré depuis juillet 2024 avec une activité de Marketplace, bénéficie ainsi d’une forte notoriété (80%). Notre intérêt est de conserver l’identité de chacun pour jouer la complémentarité et capitaliser sur les synergies au sein du groupe.

Quels sont les arguments phares dont vous disposez pour convaincre le grand public ?

Le principal et le plus visible pour le consommateur est la garantie 5 ans offerte, instaurée en 2024, sur les PC, et smartphones, étendue depuis le 18 aout dernier, aux TV, moniteurs et PC LDLC (montés par nos équipes). Nous avons en effet renoncé à la vente d’extension de garantie contrairement à la plupart de nos concurrents. C’est un moyen efficace pour convaincre les clients. Plus généralement, la notion de durabilité nous préoccupe au quotidien. Nous disposons d’ateliers de réparation au sein des plus grandes boutiques, et dans notre atelier central situé à Nantes. Le magasin de Madeleine bénéficie d’un atelier très performant qui sera la vitrine de notre savoir-faire dans ce domaine. Enfin, si le succès de ce magasin se confirme, notre réflexion pourrait évoluer vers un déploiement de ce modèle dans d’autres grandes villes françaises, où nous ne sommes pas ou peu présents, avec pour objectif d’augmenter notre notoriété à travers toute la France et de faire croitre l’activité du groupe.