DS Distribution dynamise les rayons gaming

Portée par une force de vente terrain aguerrie, sa capacité à s’adapter aux nouveaux besoins des points de vente et une offre renouvelée, DS Distribution tire son épingle du jeu dans un marché en recomposition. Entretien avec Nelly Ribeiro, Directrice Enseignes, et Patrick Binard, Directeur des Achats.
Comment se porte l’activité gaming de DS Distribution ?
Nelly Ribeiro : En 2024, malgré quelques succès éditoriaux, le marché du jeu vidéo a marqué le pas. Nous avons néanmoins préservé nos positions grâce à une politique axée sur le service, une couverture terrain renforcée et une offre rigoureusement construite. Nos équipes ont intensifié leurs efforts pour garantir des visites de qualité et répondre aux attentes des enseignes.
Patrick Binard : Nos performances ont dépassé celles du marché. Une stratégie d’arbitrage sélectif nous a permis de concentrer nos références sur les meilleures rotations. L’année 2025 pourrait amorcer un redémarrage, soutenu par des lancements majeurs et l’arrivée attendue de la Switch 2.
Comment gérez-vous la concentration actuelle des enseignes ?
Nelly Ribeiro : La concentration constitue une évolution structurelle du secteur. Nos méthodes de travail solides nous permettent d’amortir ces mutations. La clé réside dans la présence produit en magasin, la densité du maillage commercial et l’animation régulière des points de vente.
La montée en puissance des indépendants renforce même notre pertinence. Ces partenaires valorisent le lien direct avec nos équipes, recherchent des conseils précis, et attendent des dispositifs terrain efficaces. Par ailleurs, dans certaines enseignes, le recul des rayons non alimentaires au profit de l’alimentaire crée de nouvelles demandes des enseignes. Nos offres packagées, simples à implémenter, répondent à cette évolution.
Le non-alimentaire souffre en grande distribution. Comment y répondez-vous ?
Nelly Ribeiro : L’enjeu consiste à maintenir, voire à reconquérir, les espaces dédiés. Attention, en effet, réduire les linéaires entraîne mécaniquement une baisse de l’offre, donc des ventes, accentuant un cercle vicieux. Le secteur culturel l’a déjà expérimenté : raréfaction des titres, effondrement des rotations, puis raréfaction des rayons comme on l’a déjà vu sur d’autres secteurs des produits culturels. Pour l’éviter, il faut renforcer la lisibilité de l’offre et la valoriser.
Patrick Binard : En GSA, surtout dans les petits formats de magasin, l’effet « blockbuster » reste décisif. Les grands lancements constituent des leviers puissants. La Switch 2, avec son potentiel d’attractivité, contribuera à redonner du souffle aux rayons gaming, notamment dans nos enseignes partenaires à forte affinité avec l’univers de Nintendo.
Quels sont vos relais de croissance dans le gaming ?
Patrick Binard : La Switch 2 va générer un écosystème complet : consoles, jeux, accessoires… Elle permettra de redynamiser les ventes, mais aussi la visibilité et l’animation des linéaires. En parallèle, le parc installé de la Switch actuelle reste considérable. Il continuera à générer des ventes soutenues. Le marché sera également portée par des licences fortes comme le prochain Légendes Pokémon : Z-A ou GTA 6. Nous avons également repensé nos politiques de référencement et de mise en avant pour mieux coller aux attentes des magasins.
Comment cette évolution se concrétise-t-elle ?
Patrick Binard : La dématérialisation progresse, mais ne condamne pas le physique. À condition de théâtraliser les rayons, d’orchestrer les temps forts, de miser sur des accessoires et produits dérivés valorisés. Nous montons une vingtaine d’opérations par an, articulées autour d’événements : sorties majeures, thématiques culturelles ou pics d’affluence comme les fêtes de fin d’année.
Par exemple, nous avons activé des campagnes autour des « Days of Play » de Sony avec consoles en promotion et jeux offerts, ou encore du film Lilo & Stitch avec une offre croisée complète. Ces opérations nourrissent l’impulsion d’achat.
Nelly Ribeiro : Nous fonctionnons comme un sourceur à haute valeur ajoutée, en concevant des dispositifs sur mesure pour optimiser les ventes. Les planogrammes que nous développons structurent les rayons selon des logiques de performance. Résultat : plus de rotations, donc plus de chiffre d’affaires.
Et du côté des relations fournisseurs ?
Patrick Binard : Nous avons renforcé notre équipe achat et recentré notre stratégie de sourcing. L’objectif : bâtir une offre pertinente, équilibrée en prix, compatible avec les différentes plateformes, et réellement adaptée aux besoins des points de vente. Plutôt que déployer des gammes complètes par partenaire, nous privilégions une sélection ciblée, fondée sur la valeur ajoutée concrète pour nos clients. Cette logique nous pousse globalement à explorer de nouveaux segments en forte croissance, comme le petit électroménager, qui offre des perspectives intéressantes.
Nelly Ribeiro : Dans un contexte de tension sur le pouvoir d’achat, nous adaptons nos choix en privilégiant des produits accessibles sans renoncer à la qualité perçue. Cette sélectivité renforce la confiance de nos partenaires et la fidélité des consommateurs.
