La vidéo physique, plus résiliente que jamais

Dominique Masseran, Président d’ESCD, retrace trois décennies de mutations du marché de la vidéo et défend une vision engagée et optimiste du secteur.
Quel regard portez-vous sur l’évolution du marché de la vidéo au cours des 30 dernières années ?
Il y a 30 ans, les choses étaient relativement simples. Pour regarder un film, il fallait soit aller en salles, soit le louer ou l’acheter en VHS, ou attendre qu’il soit diffusé à la télévision sur une des 6 chaînes hertziennes disponibles. Le support physique, avec la VHS puis le DVD, était roi. Le marché progressait d’année en année jusqu’à atteindre un pic en 2004 à plus de 2,5 milliards d’euros. Une série de bouleversements est ensuite venue mettre à mal sa suprématie, en introduisant de nouveaux usages. A commencer malheureusement par la piraterie qui a fragilisé le secteur, rapidement amplifié par la prolifération des chaînes câblées, puis par l’essor de la VOD et du téléchargement définitif et enfin de la SVOD. Autant d’alternatives qui ont progressivement érodé le marché. Pour autant, le marché de la vidéo physique reste aujourd’hui un marché conséquent qui pèse encore près de 150 millions d’euros. Il se montre beaucoup plus solide et résilient qu’anticipé à la fin des années 2000 où beaucoup ne lui donnait que quelques années à vivre. Nous sommes en 2026 et le marché est toujours là. Et il a encore de beaux jours devant lui en particulier avec la 4K qui continue à recruter et à progresser.
En 30 ans, comment la distribution et les relations avec les enseignes ont-elles évolué ?
L’évolution du marché a redessiné le paysage de la distribution, sans altérer la qualité des relations avec les enseignes, toujours constructives et apaisées. Avec le recul du marché du marché, le poids de la GSA a largement diminué au profit de la GSS qui joue aujourd’hui un rôle clé dans la défense de la catégorie au quotidien. Dans ce contexte, nous avons su dès le départ chez ESCD instaurer une relation de confiance et de transparence avec la distribution, en mettant en place avec chacun de nos clients un partenariat dynamique au service de la vidéo physique. Tout est mis en œuvre pour simplifier et fluidifier au maximum leur quotidien.
Quel est aujourd’hui l’enjeu pour le marché de la vidéo physique ?
Aujourd’hui, l’enjeu est d’accompagner la montée en puissance de l’UHD 4K, véritable moteur du marché, tout en continuant à faire vivre le catalogue qui représente près des trois quarts de la valeur du marché et suit une belle dynamique avec de nombreuses rééditions de grands classiques en Blu-ray 4K et Blu-ray. Il n’y a aucune fatalité ! Le support physique et la HD en particulier conserve un réel attrait, notamment auprès d’un public de passionnés et de cinéphiles fidèles, autour desquels le marché est en train de se consolider. Dans ce cadre, l’engagement des studios français et américains, des éditeurs indépendants et de nos partenaires retailers est déterminant. Les efforts de chacun pour valoriser la diversité de l’offre en magasins, à travers des éditions ambitieuses, sont en effet essentiels. Une diversité que seule l’édition vidéo physique est capable de proposer, affirmant son primordial dans la conservation du patrimoine cinématographique et audiovisuel.
Un petit mot pour les 30 ans de Multimédia à la Une…
Je me souviens encore des 20 ans de Multimédia à la Une et force est de constater que 10 ans après vous n’avez pas pris une ride ! Vous restez un partenaire essentiel pour nous, éditeurs distributeurs, comme pour nos enseignes partenaires de la distribution. Merci et bravo à toute l’équipe. En route vers les 40 ans…
