PLAION mise sur sa diversité éditoriale

 

Porté par une offre éditoriale dense et une capacité d’exécution maîtrisée, PLAION poursuit sa croissance malgré un marché sous tension. James Rebours, son directeur général France, analyse les ressorts de cette dynamique et détaille les projets à venir.

Comment s’est comporté PLAION sur les derniers mois ?
Malgré une conjoncture défavorable, PLAION a consolidé ses positions. En 2024, le marché français reculait fortement, mais notre performance commerciale s’est montrée robuste grâce à des titres fédérateurs comme Call of Duty: Black Ops 6, Sonic X Shadow Generations ou Farming Simulator 25. En 2025, la tendance baissière persiste, avec un repli de 12 % à la semaine 20. Pourtant, PLAION affiche une croissance de 66 % de son chiffre d’affaires. Ce différentiel s’explique par la richesse de notre catalogue, où figurent des licences majeures telles que Monster Hunter Wilds (plus de 100 000 exemplaires physiques vendus en France), Kingdom Come: Deliverance II, ou Indiana Jones et le Cercle Ancien. Ce portefeuille varié, alimenté par des partenariats internationaux, constitue un levier stratégique majeur. Résultat : notre part de marché progresse sensiblement sur la période.

À quel point les évolutions du groupe Embracer ont-elles impacté la structure de PLAION ?
La réorganisation d’Embracer visait à clarifier les synergies internes, la scission d’Embracer en 3 entités distinctes permettant d’accroitre leur efficacité opérationnel. Asmodee regroupe les jeux de société et bénéficie d’une valorisation boursière de plus de 2,5 milliards d’euros depuis son entrée en bourse en février 2025. Coffee Stain Groupe se concentrera sur le développement d’expériences vidéoludiques axées sur la communauté et sera coté d’ici la fin de la l’année. Enfin, Middle-Earth & Friends, renommé Fellowship Entertainment où s’inscrit PLAION, fédère les grands studios et titres AAA à forte licence comme Kingdom Come Deliverance , Metro, Dead Island, mais aussi les entités Eidos Montréal et Crystal Dynamics et intègre Free Mode, détenteur de la licence Le Seigneur des Anneaux. Sa stratégie est de se transformer en un groupe unique et puissant, centré sur le développement et l’édition de jeux, complété par des compétences transmédia dans les domaines des licences de propriété intellectuelle, des bandes dessinées, des produits dérivés, du cinéma et de la distribution.

Quels sont vos principaux partenaires en termes de distribution ?
Notre portefeuille s’appuie sur des accords solides de distribution avec Activision Blizzard, Bethesda, Capcom, GIANTS Software, Koei Tecmo, SEGA, tout en développant nos labels internes comme Deep Silver ou Milestone… De nouveaux contrats sont en cours de finalisation, avec notamment la prise en charge de la distribution de Sony en Pologne. PLAION renforce ainsi son empreinte européenne, avec une ambition de signer des accords paneuropéens avec les partenaires historiques pour optimiser la qualité et l’efficience de nos outils et services. En parallèle, nos services couvrent l’ensemble de la chaîne de valeur au niveau local: relations média, gestion des réseaux sociaux, marketing consommateur, trade marketing, commercialisation … Nous adoptons une approche modulaire pour répondre aux attentes spécifiques de chaque éditeur avec des services – à la carte – du marketing à la commercialisation.

Quels seront vos principaux titres dans les prochains mois ?
La fin d’année s’annonce riche, marquée par le retour de blockbusters. Le nouveau Call of Duty s’impose comme une locomotive, tout comme Sonic Racing : CrossWorlds, une très forte ambition de SEGA dans la course arcade. Toujours chez SEGA, une offre japonaise forte : Demon Slayer 2 -Kimetsu no Yaiba- The Hinokami Chronicles 2, RAIDOU Remastered : The Mystery of the Soulless Army, Shinobi : Art of Vengeance.  Du côté de Capcom, plusieurs titres – encore confidentiels – promettent un excellent accueil critique et commercial. Parmi les projets à suivre : Project Motor Racing de GIANTS Software, ambitieux renouveau du studio dans le segment course, Raidou Remastered : The Mystery of the Soulless Army chez SEGA, Tides of Tomorrow, jeu narratif au gameplay disruptif du côté de chez DigixArt, studio à l’origine du jeu Road 96, et l’incontournable Let’s Sing 2026 de chez Voxler.

Quel impact la Switch 2 aura-t-elle pour une entité comme PLAION ?
La nouvelle console de Nintendo va relancer une dynamique consommateur attendue par l’ensemble du secteur. En attirant ses fans habituels, en séduisant massivement les éditeurs-tiers et en apportant de nouveautés, elle élargit son écosystème à un public encore plus gamer. Dans notre offre, on retrouve par exemple parmi les sorties notables sur Switch 2, Yakuza 0 Director’s Cut, Raidou Remastered, ou encore Sonic x Shadow Generations.

Depuis quelques années, PLAION progresse dans le rétrogaming. Où en êtes-vous dans ce domaine ?
Le rétrogaming s’impose comme un relais de croissance pérenne. Notre offre combine un développement interne, au travers de nos marques licenciées et la distribution de partenaires spécialisés, à l’image de Blaze Entertainment, récemment intégré à notre portefeuille. Nous construisons une gamme solide autour de licences emblématiques comme Atari ou Neo Geo. Ce segment séduit à la fois les nostalgiques exigeants et les amateurs d’objets culturels vintage. Son potentiel dépasse le simple effet de mode, en ancrant le jeu vidéo dans une logique patrimoniale, avec un fort lien intergénérationnel.