FNAC : « éditorialiser l’offre de la vidéo en linéaire »

Grâce à une politique d’éditorialisation et de mise en avant du fonds de catalogue, le marché de la vidéo physique conserve une place importante au sein de l’offre culturel de la Fnac. Virginie Binard, Cheffe de groupe Musique & Vidéo du groupe, revient pour MultiMédia à la Une sur la façon dont l’enseigne a su faire évoluer l’offre en linéaire.

 

Comment se porte le marché de la vidéo ?

Le marché de la vidéo physique ne cesse de reculer depuis plusieurs années. Pour autant, nous observons dans le comportement d’achat de nos clients, un retour à l’objet physique et notamment sur une cible de consommateurs plus jeune que celle que l’on a l’habitude d’avoir sur la vidéo. Ils montrent un intérêt tout particulier pour les films patrimoniaux. Ce regain d’intérêt pour le support physique (DVD et Blu-ray) s’explique aussi par les limites du streaming : peu de films antérieurs à 2010 sont disponibles sur les plateformes, sans parler de la fragmentation de l’offre. Impossible de s’abonner à tous les services.

Concernant la baisse du marché de la vidéo, enregistrée en 2025 (-16%), celle-ci est principalement due à un line-up cinéma qui n’était pas au rendez-vous. Depuis la fin de l’année dernière, le cinéma reprend des couleurs en salles. Et selon les projections, on se dirige vers une hausse de la fréquentation de l’ordre de 180 à 190 millions d’entrées en 2026, là où 2025 avait fini à 157 millions d’entrées. Mécaniquement, cela aura un impact positif sur la vidéo. Et nous le constatons déjà avec les titres qui commencent à sortir, à l’image d’Avatar en juin qui marque le rebond attendu depuis un moment sur le marché. Et le second semestre s’annonce riche en nouveautés.

 

Quelle place occupe le fonds de catalogue dans votre offre ?

Le fonds de catalogue constitue un pilier important de notre stratégie. Les rééditions 4K et autres éditions Steelbook de films de patrimoine créent de nouveaux temps forts et dynamisent nos linéaires. Notre volonté est de poursuivre la mise en avant systématique des nouveautés dans nos rayons, sans oublier notre site (stratégie d’omnicanalité de Fnac).  Le premier semestre l’a démontré avec plusieurs sorties marquantes comme la trilogie John Woo, Le Silence des agneaux ou Fight Club.  Depuis le début de l’année, nous avons remis à plat notre offre pour proposer un maximum de films de catalogue à nos clients. Notre objectif est de proposer un fonds de catalogue toujours plus riche en magasin. Pour accompagner cette démarche, nous avons construit un plan d’éditorialisation, avec la mise en avant, tous les mois, d’une sélection de titres de fonds de catalogues en lien avec l’actualité. Après Martin Scorsese en juin, nous avons enchainé en juillet avec Christopher Nolan. D’autres thématiques suivront chaque mois.

Cette stratégie d’éditorialisation a été mise en œuvre à travers nos « Coups de Cœur » réguliers en magasin . La publication chaque année de notre vidéothèque idéale est un autre élément de cette politique. L’édition 2026, structurée selon un mode rétrospective, va de l’âge d’or du cinéma, aux années 50, jusqu’à aujourd’hui. Ce guide papier, offert à nos adhérents, est une ouvrage unique qui met en avant le patrimoine du cinéma avec une partie éditoriale, support aux équipes en magasins, pour raconter une histoire plus complète aux clients. L’éditorialisation de notre offre vidéo demeure notre force première.

 

Quelles autres actions menez-vous pour faire vivre le fonds de catalogue à la Fnac ?

Sur le catalogue, il y a beaucoup de nouveautés tout au long de l’année et notamment des rééditions en Steelbook 4K. C’est un axe important de notre développement qui met en avant la valeur de l’objet vidéo en tant que tel. Fondamentalement, nous savons que sont les consommateurs, et nos clients en particulier, y sont très attachés. Et tout au long de l’année, nous commercialisons de nombreuses éditions spéciales Fnac et des éditions limitées très recherchées qui sont très recherchés des passionnés de cinéma. Pour cela nous travaillons en étroite collaboration avec les éditeurs pour proposer du contenu de qualité à nos clients.

 

Quelle est la place de la nouveauté dans ce contexte ?

Nous réalisons un gros travail d’événementialisation sur les nouveautés les plus importantes à l’image d’Avatar en juin. Une quarantaine de magasins proposaient une zone événementielle premium, avec de très belles et spectaculaires mises en situation qui retiennent l’attention de nos clients. Les premiers retours sont très encourageants. Ne serait-ce que sur l’implication et l’engagement des magasins qui se sont fortement mobilisés. Dans un marché difficile, il est important de conserver l’intérêt de nos équipes et les motiver avec des activations qui sortent de l’ordinaire. Les résultats sur Avatar vont suivre : les clients récompensent nos efforts. Et sur cette sortie, nous bénéficions d’une meilleure chronologie des médias que sur le précédent épisode de la saga.

 

Quelles sont les autres nouveautés à la Fnac ?

Une nouvelle initiative intéressante a été développée cette année. Il s’agit de se positionner des titres populaires, avec des box déjà préremplis, directement dans les 219 magasins Fnac de France. Cette opération a été menée sur le lancement du film Marsupilami. Les box contenaient à la fois des DVD et des Blu-ray (vendus au même prix de 14,99 euros). Cela présente un double bénéfice. Ils sont déjà remplis, sans manutention supplémentaire, et offre de facto une bonne exposition en passage client, voire en zone de caisse. C’est une solution tout-en-un très efficace. Les magasins étaient très satisfaits. On ne peut pas le faire systématiquement, mais cela a du sens sur les titres les plus populaires. En résumé, nous essayons de trouver des formules adéquates pour différentes typologies de magasins, et pallier le fait que, dans certains petits magasins nous n’ayons pas forcément la place pour événementialiser. Sortir des rayons peut être une solution pour faire vivre la vidéo sur une plus grande échelle.

 

L’opérationnel occupe également une place importante sur le marché de la vidéo. Comment avez-vous fait évoluer les mécaniques ?

Depuis le début de l’année, nous avons souhaité simplifier nos mécaniques et recommuniquer de façon plus large auprès de nos clients. Pour cela, nous avons retenu une seule mécanique de 3 pour 2 sur le DVD et le Blu-ray. Cela comprend à la fois les nouvelles vagues d’opérations et les produits du rayon. Nous communiquons en magasin pour bien expliquer aux clients que tous les titres sont concernés : dans les bacs, sur les podiums, mais aussi dans les rayons du fond de catalogue, avec la possibilité de choisir parmi tous les titres du rayon à 10 ou 15 euros. De cette façon, nous simplifions l’offre pour le client. Et là aussi, nous sommes plutôt satisfaits des résultats.

 

Quels sont les résultats de la Fnac sur la catégorie vidéo ?

La Fnac gagne régulièrement des parts de marché sur la vidéo Nos résultats sont bien supérieurs à ceux du marché de la vidéo au global. Nous enregistrons donc une baisse limitée de notre activité sur la vidéo, notamment grâce à l’opérationnel et au segment 4K qui progressent fortement. Ces derniers sont mis en avant systématiquement dans nos rayons selon des règles claires de merchandising. Chaque magasin dispose de plusieurs mètres linéaires dédiés au Blu-ray 4K (selon la taille des magasins). Ce support constitue un enjeu fort et un axe de développement pour nous. L’offre 4K s’étoffe en termes de catalogue, ce qui permet désormais d’avoir un rayon qui tourne régulièrement. En fin d’année, la Trilogie du Dollars de Sergio Leone sortira sur 3 mois, permettant ainsi de créer de l’actualité sur la durée jusqu’à Noël dans nos linéaires.