• SteelSeries allié du retail français

    Longtemps perçue comme un marché à part en Europe, la France impose ses propres règles du jeu. SteelSeries en a fait un axe stratégique à part entière. Entretien avec Alexis Sinzelle, National Sales Manager France, chez SteelSeries.

     

    Convaincre en interne qu’une stratégie française spécifique s’impose n’allait pas de soi…

    Notre principal défi a consisté à démontrer, en interne, la singularité du marché français face aux autres territoires européens. Cette conviction a justifié un repositionnement franc vers le canal physique, alors que le groupe raisonnait jusque-là à l’échelle globale.

     

    Concrètement, comment cette bascule vers le retail s’est-elle traduite ?

    Il y a 7 ou 8 ans, le online concentrait environ 80 % de notre chiffre d’affaires France. Ce ratio tombe aujourd’hui à 40 %, fruit d’une offensive résolue sur le retail. Nous avons d’abord investi les spécialistes et multi-spécialistes — Boulanger, Fnac, Micromania, Cultura, LDLC… —, avant d’élargir vers la grande distribution.

     

    Où en est cette percée dans la grande distribution ?

    Les résultats dépassent nos attentes. Chez Leclerc, la progression affiche trois chiffres sur la dernière année. Carrefour nous ouvre, dès cette année, une centaine de magasins supplémentaires, après un premier déploiement amorcé cet été. Des discussions avec d’autres enseignes sont en cours pour élargir ce maillage.

     

    Cette présence renforcée s’accompagne-t-elle d’un repositionnement produit ?

    SteelSeries retrouve un statut de leader, tant en parts de marché qu’en perception qualité, porté par une stratégie de montée en gamme. Le casque Arctis Nova Omni illustre cette ambition : Nous nous sommes par exemple hissé, le mois dernier, en tête des ventes de casques gaming PC et console en France, le clavier constituant notre second pilier de notoriété. Et ce avec des moyens inférieurs à ceux de certains concurrents.

     

    Comment gérez-vous simultanément grands comptes et revendeurs indépendants ?

    Nous accordons la même exigence à un réseau de plusieurs centaines de points de vente qu’à une enseigne unique. Des circuits de décision courts et une confiance réciproque fondent des échanges équilibrés. Notre distribution combine le direct pour de nombreuses enseignes et Ezratis pour le reste, avec une gamme couvrant tous les besoins : produits premium pour la distribution spécialisée, offre plus accessible via les Nova 1 ou 3 pour les circuits plus grand public. Nous proposons le plus possible des exclusivités, tant produits que promotionnelles. La formation des revendeurs, par exemple lors des salons Fnac ou Boulanger, reste un levier majeur : un vendeur convaincu demeure notre meilleur ambassadeur.

     

    Quelles sont vos perspectives pour 2027 ?

    Une année exceptionnelle s’annonce, marquée par un renouvellement partiel de nos gammes et plusieurs innovations majeures, appelées à soutenir notre croissance sur la durée. Au-delà des chiffres, l’enjeu prioritaire demeure la solidité, dans le temps, de nos relations avec consommateurs et distributeurs.


  • Razer, l’exigence au service du plus grand nombre

    Razer occupe une place de choix dans l’écosystème gaming. Ignacio Sune, VP Sales & Marketing EMEA de Razer, évoque le positionnement et les projets de son groupe.

     

     

    Quelles sont les catégories produits que vous comptez-mettre particulièrement en avant en 2026 ? 

    Chez Razer, notre priorité reste la même qu’au premier jour : l’innovation au service de la performance. En 2026, nous continuons à mettre en avant l’ensemble de notre écosystème gaming, qu’il s’agisse de nos périphériques taillés pour l’esport, de nos solutions dédiées à l’immersion ou encore de nos initiatives autour de l’intelligence artificielle.

    Cela se traduit aussi bien par le développement de technologies de pointe, comme nos capteurs de souris toujours plus performants, que par le travail d’ingénierie réalisé sur nos PC portables Razer Blade. L’IA occupe également une place grandissante dans notre vision. Nous investissons dans des outils et des plateformes destinés aux développeurs, mais aussi dans des concepts innovants comme le Projet AVA, qui explore la prochaine génération de compagnons IA pour les joueurs, ou le Projet Motoko, qui illustre notre vision d’un futur où l’intelligence artificielle enrichit l’expérience gaming de manière plus intuitive et personnalisée.

     

    Quelles nouveautés produits Razer met-elle en avant pour cette fin d’année, et quels segments concentrent les innovations les plus structurantes de votre roadmap second semestre 2026 ? 

    La seconde moitié de 2026 s’annonce particulièrement dynamique pour Razer. Nous continuerons d’innover sur des segments clés comme les périphériques dédiés à l’esport, les expériences immersives et plusieurs collaborations majeures.

    Notre ambition reste la même : proposer des produits qui repoussent les standards en matière de performance, de personnalisation et d’expérience utilisateur. Que ce soit à travers de nouvelles technologies, des évolutions de notre écosystème ou des approches plus innovantes intégrant l’IA, nous avons effectivement de belles annonces en préparation.

     

    Razer occupe une position de référence sur le marché du périphérique gaming haut de gamme. Comment la marque défend-elle aujourd’hui sa proposition de valeur auprès des distributeurs et des enseignes partenaires ? 

    Depuis plus de 20 ans, Razer façonne l’industrie du gaming. Tout a commencé avec la Razer Boomslang, souvent considérée comme la première souris pensée spécifiquement pour les joueurs compétitifs. « By Gamers. For Gamers. » n’est pas simplement un slogan. C’est l’ADN de Razer et la philosophie qui continue de guider le développement de la marque depuis plus de deux décennies. Ce positionnement se reflète dans la reconnaissance de nos produits par la communauté compétitive. Razer a d’ailleurs été élue marque N°1 sur des catégories de produits telles que les souris et les casques sur ProSettings.net.

    Cette crédibilité ne s’obtient pas par hasard. Pour développer nos produits, nous travaillons aux côtés des meilleurs athlètes et organisations esport de la planète. Des légendes comme Faker, des talents comme NiKo ou encore des partenaires majeurs comme la Karmine Corp en France nous apportent des retours concrets issus de la compétition au plus haut niveau. Ces échanges nourrissent directement notre processus de développement et nous permettent d’affiner chaque détail, qu’il s’agisse de performance, d’ergonomie ou de fiabilité.

    Pour nos distributeurs et partenaires, cette approche constitue une véritable valeur ajoutée : ils savent que derrière chaque produit Razer se trouvent des technologies éprouvées, une forte désirabilité auprès des consommateurs et une innovation portée par les attentes réelles des joueurs.

     

    Le marché du périphérique gaming se fragmente entre un segment premium tiré par les joueurs PC compétitifs et un segment porté par les prix agressifs. Comment Razer articule-t-elle son offre pour adresser ces deux dynamiques sans diluer son positionnement ? 

    Chez Razer, nous ne voyons pas cette évolution du marché comme une opposition entre le premium et l’accessible. Nous la considérons davantage comme une question d’expérience et de besoins des joueurs. Notre force est justement de pouvoir adresser différents profils de gamers sans jamais renoncer à ce qui fait l’identité de la marque : la performance, l’innovation et le design. Plutôt que de raisonner uniquement en termes de prix, nous construisons une architecture de gamme où chaque produit offre une expérience cohérente avec les standards Razer.

    Nos références les plus avancées répondent aux exigences des joueurs compétitifs et des professionnels de l’esport, tandis que d’autres produits rendent nos technologies et notre écosystème accessibles à un public plus large.  Cette approche nous permet de préserver notre positionnement premium tout en accompagnant la croissance et la diversification du marché. Au final, qu’un joueur choisisse un produit d’entrée de gamme ou notre technologie la plus avancée, il doit retrouver les mêmes fondamentaux : qualité, innovation et performance. C’est ce qui fait la force de la marque depuis plus de vingt ans.

     

    Quels dispositifs d’animation commerciale et de soutien à la vente Razer déploie-t-elle auprès de ses partenaires retail en France pour cette fin d’année ? 

    La fin d’année est naturellement une période stratégique pour le retail, et notre approche en France repose sur trois piliers : la visibilité de la marque, l’expérience en magasin et l’accélération des ventes.

    Dans un marché particulièrement concurrentiel et sensible aux promotions, nous travaillons étroitement avec nos partenaires pour combiner des dispositifs de conversion efficaces avec une mise en avant premium de l’univers Razer. Cela passe notamment par des opérations commerciales dédiées, des campagnes marketing conjointes et une forte présence de nos produits sur les temps forts de fin d’année. Nous investissons également dans des expériences plus immersives au sein de nos partenaires retail physiques, afin de permettre aux consommateurs de découvrir concrètement nos technologies et l’écosystème Razer. L’objectif est de créer une véritable expérience de marque, au-delà de la simple exposition produit.

    Enfin, nous accordons beaucoup d’importance à l’accompagnement des équipes de vente et des acteurs du e-commerce. Cela se traduit par des contenus pédagogiques, des formations produits et des dispositifs d’aide à la vente permettant de mieux mettre en valeur les bénéfices de nos innovations auprès des consommateurs.


  • Licence, kidultes, collection : le jouet réinventé

    Le marché du jouet défie tous les pronostics. Frédérique Tutt, VP Global Industry Advisor Toys de Circana, décrypte une décennie de transformation portée par les licences, les adultes et la Pop Culture, avec une croissance de 8% en 2025 en France qui force à reconsidérer tous les anciens modèles.

     

    Les experts prédisaient un déclin structurel du jouet. Les chiffres racontent une tout autre histoire. Comment l’expliquer ?

    Le marché du jouet constitue l’un des plus beaux exemples de résilience économique de la dernière décennie. Il y a dix ou quinze ans, tous les signaux semblaient converger vers un déclin inéluctable : baisse de la natalité, montée en puissance des jeux vidéo et des smartphones, phénomène KGOY (Kids Getting Older Younger) ces enfants qui se dirigent plus tôt vers des activités plus adultes… Et pourtant, le marché a non seulement résisté, mais progressé en moyenne de 1,5% par an entre 2015 et 2025. En France, le chiffre d’affaires passait de 4,1 milliards d’euros en 2015 à 4,8 milliards en 2025, avec une croissance absolument inattendue de 8% en 2025, confirmée par les 6 premiers mois de 2026. C’est un secteur qui a su se réinventer profondément.

     

    Quelle notion synthétise le mieux cette transformation ?

    Le concept de « Joy Economy », l’économie du plaisir, capture parfaitement ce qui se passe. Le profil des acheteurs de jeux et jouets a radicalement changé. Ces consommateurs cherchent une déconnexion avec un quotidien souvent pesant, de nouveaux plaisirs assumés, sans complexe ni culpabilité. Concrètement, cela se traduit par une montée spectaculaire des ventes de jouets sous licence. En 2015, les produits sous licence représentaient à peine 20% du marché français, contre 30% actuellement. La progression atteignait 19% l’année dernière, bien au-dessus de la croissance globale du secteur. Les licences ne constituent plus un segment parmi d’autres : elles structurent désormais l’ensemble de la dynamique du marché.

     

    Les licences issues du jeu vidéo jouent-elles un rôle spécifique dans cette dynamique ?

    Un rôle absolument central, et en forte accélération. Les licences jeu vidéo affichaient une progression de 47 % en 2025 dans le jouet — un chiffre qui dépasse largement la moyenne du marché. Les licences transgénérationnelles (Pokémon, Minecraft, Super Mario…) constituent les moteurs les plus puissants et sont accompagnés de franchises comme Fortnite, Sonic, Final Fantasy ou issues du jeu mobile, avec des partenariats comme celui annoncé de Spin Master avec Supercell. Chez Lego, les licences jeu vidéo représentent désormais presque 10 % du chiffre d’affaires, en progression de 83%. Pokémon mérite une mention particulière : c’est la plus importante licence du marché du jouet, non seulement en France, mais dans le monde entier. En 2025, la progression atteignait 57 % en France — et 2026, année des 30 ans de la franchise, s’annonce comme un millésime record. Fait significatif : près de la moitié des ventes Pokémon concernent désormais des consommateurs de plus de 12 ans, contre 29% il y a dix ans.

     

    Le phénomène kidulte structure-t-il durablement le marché, ou s’agit-il d’une tendance conjoncturelle ?

    Les kidultes, ces acheteurs de jouet/jeu de 12 ans et plus,  représentent aujourd’hui un tiers du chiffre d’affaires du jouet en France, contre 15% en 2015. La progression atteignait 17% en 2025. Ce n’est pas une mode passagère : c’est une recomposition structurelle du marché, portée par des licences transgénérationnelles issues du cinéma, des séries, des animés, du sport et du jeu vidéo, des univers qui touchent simultanément les enfants et leurs parents. Chez Lego, par exemple, 40% des ventes proviennent de ce public. Et ce mouvement ne s’arrêtera pas là : je pense que les kidultes atteindront 40% du marché global à terme. Mais la prochaine frontière, celle qui reste encore largement à conquérir, c’est celle des seniors — un public qui nécessitera une offre véritablement adaptée et qui constitue un relais de croissance considérable pour les années à venir.

     

    La collection représente une autre tendance forte. Comment ce segment se structure-t-il ?

    La collection constitue un phénomène de transformation profond. Elle pèse 19% des ventes sur le premier semestre 2026 — soit un Euro sur 5 — et progresse de 30% sur la dernière période, un chiffre considérable. Ce segment recouvre des réalités très diverses : les cartes TCG stratégiques, les figurines à forte valeur perçue, les formats de collection sérialisée, les Panini, les Squishmallows ou les Labubu. La collection touche toutes les tranches de prix et tous les âges. De nouveaux entrants bousculent les positions établies : les mini-sacs Loungefly, ou les cartes à collectionner Kayou, richement illustrées autour de licences comme Harry Potter, Naruto ou Saint Seiya. Ces dernières, dont le catalogue n’en est qu’à ses débuts, peuvent devenir très spéculatives. Les réseaux sociaux jouent ici un rôle d’amplificateur décisif : ils ont accéléré les cycles, réduit les durées de développement produit, certains acteurs passent désormais de la conception à la mise en vente en cinq mois contre dix-huit mois pour les acteurs traditionnels, et transformé des niches en phénomènes de masse.

     

    Le public féminin constitue-t-il un nouveau relais de croissance structurel pour le secteur ?

    Absolument, et son importance reste encore sous-estimée par une partie du secteur. Ce marché était traditionnellement très masculin. La féminisation du public acheteur représente donc l’une des transformations les plus significatives de la décennie. L’exemple Lego Botanicals illustre parfaitement le potentiel : une gamme de fleurs et de plantes à destination d’un public féminin et adulte, qui génère 100 millions d’euros sur la France en une seule année. Un résultat qui force à repenser toutes les certitudes sur ce que peut être un jouet. Aucun acteur ne peut aujourd’hui se permettre d’ignorer ce public. Les influences géographiques s’élargissent également — au-delà des univers Disney traditionnels, les influences asiatiques gagnent du terrain, portées notamment par des acteurs comme Pop Mart dont les Labubu ont envahi les réseaux sociaux et les rayons. Ce marché se mondialise et se diversifie comme jamais.

     

    Lego constitue souvent le cas d’école de cette stratégie. Pourquoi ce groupe illustre-t-il si bien la transformation du marché ?

    Lego représente sans conteste l’un des grands gagnants de cette décennie, et le numéro un du jouet en France. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une croissance de 67% sur les deux dernières années sur le seul marché français. Deux raisons fondamentales expliquent ce succès. D’abord, l’ouverture délibérée vers un nouveau public — les adultes — qui a complètement reconfiguré les ambitions du groupe. Ensuite, un travail très profond sur les licences : elles représentent environ 60% du chiffre d’affaires de Lego. Lego se trouve dans une position unique où ce sont les grandes franchises mondiales qui viennent frapper à leur porte.

     

    Comment les enseignes physiques tirent-elles parti de cette dynamique ?

    Le magasin spécialisé ne se contente plus de vendre des jouets, il crée des expériences. Les distributeurs les plus performants ont compris que les licences génèrent des moments de vie qui se partagent physiquement. King Jouet a ouvert en plein cœur de Paris, en collaboration avec Bandai un magasin Gashapon (ces jouets distribués par des machines à capsules) mais aussi un magnifique « pop-up store » Star Wars. Ces concepts physiques attirent des consommateurs qui ne venaient plus forcément en magasin depuis des années. La licence crée des rendez-vous tout au long de l’année : le 27 février pour la Pokémon Day, le 4 mai pour Star Wars, le 26 juin pour Stitch, septembre pour Harry Potter. Ce jalonnement annuel de micro-événements génère un trafic incrémental extrêmement précieux pour les distributeurs. La désaisonnalisation qui en résulte transforme l’économie du secteur : Noël représentait 40% du chiffre d’affaires en 2015, contre seulement 28% aujourd’hui.

     

    Quel regard portez-vous sur les perspectives du marché du jouet dans les deux à trois ans qui viennent ?

    Le marché du jouet démontre qu’il n’y a aucune fatalité au déclin dès lors qu’un secteur se réinvente avec intelligence et audace. Les fondamentaux restent très solides : croissance des kidultes, désaisonnalisation, montée en puissance des licences, émergence du public féminin adulte, explosion de la collection… La progression de 8% observée en 2025 et confirmée sur les premiers mois de 2026 ne relève pas de l’accident conjoncturel — elle traduit des mutations profondes qui continueront à produire leurs effets. Les défis existent : la nécessité pour les distributeurs de créer de véritables expériences en magasin, la réactivité accrue imposée par les réseaux sociaux, la compétition croissante des acteurs asiatiques. Mais les opportunités dépassent largement ces défis. Les acteurs qui sauront combiner licences fortes, expérience physique distinctive et agilité sur les tendances émergentes trouveront un marché en croissance pour les années qui viennent.

     

     

     

     

     

     


  • Power A : les licences au cœur de sa stratégie

    Filiale du groupe américain Acco Brands, Power A conjugue innovation technologique et poids des licences pour s’imposer sur l’accessoire gaming. Éclairage avec Sandra Bailleul, Regional Marketing Manager EMEA – Kensington & PowerA, et Keltoum Djoumer, Sales Representative de Power A.

    Comment se structure le groupe Acco qui détient Power A ?

    Sandra Bailleul : Power A relève du groupe américain Acco Brands, lequel s’articule autour de trois grandes divisions. La première couvre l’univers des fournitures de bureau en B2B, avec des marques comme Esselte, Rexel ou Leitz. La deuxième, dédiée aux loisirs créatifs et au scolaire, rayonne sur l’Amérique du Nord et du Sud. La troisième réunit l’univers des produits technologiques, avec des structures comme Power A, EPOS ou Kensington. Acco Brands n’hésite pas à recourir à la croissance externe (NDLR : cf. news économique par ailleurs), comme en témoignent les rachats de Power A en 2020 ou d’EPOS, annoncée fin 2025.

    Quelle est la place de Power A dans cet ensemble ?

    S. B. : Power A constitue le vaisseau amiral du groupe dans le domaine du jeu vidéo. Elle représente un pilier important de notre portefeuille sur lequel le groupe continue d’investir fortement, convaincu de sa capacité à innover et de la légitimité qu’elle a déjà acquise

    Keltoum Djoumer : Power A conjugue de longue date innovation technologique et importance des licences. Nous figurons ainsi parmi les tout premiers acteurs à avoir popularisé le Hall Effect, d’abord sur nos manettes Xbox Series puis Switch 2, et dévoilons régulièrement des pépites technologiques, à l’image de notre manette Moga pour smartphone. Autre point fort : nos produits embarquent systématiquement des licences officielles, aussi bien de constructeurs comme Sony, Microsoft ou Nintendo que des licences de l’Entertainment, en particulier sur les produits Nintendo. Nous déclinons des designs autour des personnages cultes des univers Mario, Zelda ou Pokémon, ainsi que, pour certains produits Xbox ou Switch, la licence Fortnite. Notre politique sélective de licences fortes constitue un argument de vente qui porte pleinement ses fruits.

     

    En termes d’activité, comment se répartit votre offre suivant les plateformes ?

    K. D. : Notre présence couvre l’ensemble des consoles, avec des produits officiels sur chacune d’entre elles. Notre offre sur Switch 1 et 2 nous positionne parmi les acteurs référents de cet univers. De même, notre position de force sur l’univers Xbox — portée notamment par la puissance de notre filiale américaine — nous hisse parmi les acteurs innovants majeurs sur Xbox Series. La Switch 2 constituera clairement notre priorité pour 2026 en France, avec de nombreuses nouveautés tout au long de l’année. Un enjeu d’autant plus important que la rétrocompatibilité totale des produits Switch 2, conjuguée aux stocks disponibles sur notre gamme Switch de première génération, nous permettra de séduire les aficionados des deux générations.

     

    Quels seront vos principaux produits pour la fin d’année ?

    K. D. : L’année 2026 se traduit par un renouvellement majeur de notre gamme d’accessoires Switch 2. Nous miserons, pour la fin d’année, sur les licences fortes du moment portées par Nintendo, avec des manettes et des sacoches aux couleurs de Zelda Decayed Master Sword pour la manette (59,99 euros, disponible), Zelda Hylan Crest pour la sacoche (19,99 euros, disponible) ou Mario une nouvelle sacoche à 19,99 euros disponible en octobre / Mario Kart (manette disponible à 59,99 euros et la sacoche 17,99 euros , disponible). Pour Pokémon, nous aurons 2 produits avec une manette et sa sacoche Pokémon Evolution et Storm disponibles au prix respectif de 59,99 euros et 17,99 euros, une nouveauté avec Pikachu Moment disponible en octobre 59,99 euros pour la manette et 19,99 euros pour la sacoche, tout en animant commercialement notre fonds de catalogue. Nous venons de baisser le prix de nos manettes filaires NSW2, noire, Mario time et Mario Mushroom à 19,99 euros. Nous proposons également des produits autour de Fortnite comme la sacoche Fortnite Sticker Mashup à 19,99 euros, ou la manette XBOX Victory Royale à 42,99 euros.

    S. B. : Nous réservons également de nombreuses nouveautés à Xbox, sur tous nos niveaux de prix, avec notamment la mise en avant de la technologie Hall Effect (gammes Advantage et Advantage Plus, déjà disponibles). Nous proposerons d’ailleurs une série de manettes à l’esthétique inspirée de l’univers Art déco tropical et des nuits iconiques de Miami Beach (manette sans fil Advantage pour Xbox Ambiance Plage à 79,99 euros et manette filaire Advantage Plus pour Xbox Palmiers clair de lune à 34,99€). Fidèle à sa volonté de créer des collections coordonnées, PowerA complétera cette offre avec les casques filaires universels LucidSound LS10 Surf de minuit et Vagues Océaniques à 24,99 euros.

     

    Power A s’attaquera-t-il à de nouveaux segments ?

    K. D. :  : Grande nouveauté : Power A investit le domaine des accessoires de simulation, dès début 2027. En premier lieu, un volant pour Switch 2 sans fil, officiel Nintendo (Volant de course sans fil Advantage PowerA pour Nintendo Switch 2), au positionnement semi-premium : son esthétique sobre, ses spécifications solides et un prix de 109,99 euros séduiront les amateurs d’un secteur porté par un catalogue de jeux de course Switch 2 particulièrement dense. Nous lançons de plus une manette sans fil dédiée aux simulations de vol, le PowerA Meridian GMT Flightdeck sous licence Xbox Series X|S, avec l’intégralité des commandes de vol réunies dans une seule manette. La preuve de notre capacité d’innovation et de notre volonté d’apporter des accessoires à valeur ajoutée, très complémentaires à notre offre. Power A place, de longue date, la technologie au cœur de sa réflexion. Ce qui nous ouvre de nouvelles portes.


  • Seagate, le stockage entre dans une nouvelle ère

    Loin de réduire les besoins de stockage, L’IA contribue à les accélérer. Comment Seagate analyse-t-elle ces évolutions sur le marché français ? Entretien avec Steve Sarret, Regional Sales Manager France et Italie chez Seagate Technology.

    Le marché du stockage devient très stratégique à l’époque de l’IA. Comment Seagate peut-il expliquer cela ?

    L’IA accroît considérablement la quantité de données créées et conservées, aussi bien dans les entreprises que chez les particuliers. Qu’il s’agisse d’entraîner des modèles, de produire des vidéos, des images ou des contenus liés au gaming, les volumes de données continuent d’augmenter. Cette évolution renforce le rôle stratégique du stockage. Seagate anticipe cette tendance depuis plusieurs années grâce à des investissements soutenus en R&D et à des innovations comme la plateforme Mozaic, qui permet d’offrir davantage de capacité dans le même espace physique.

    Sur le segment grand public, comment votre offre intègre-t-elle les nouveaux usages ?

    Les usages évoluent, mais le besoin de conserver ses données reste essentiel. Jeux toujours plus volumineux, création vidéo accessible à un public plus large, multiplication des photos et digitalisation du quotidien : particuliers, joueurs et créateurs recherchent davantage de capacité, de simplicité et de fiabilité. Notre objectif est de leur proposer des solutions adaptées à ces usages, avec des débits performants, des capacités pouvant atteindre 20 ou 30 To et un coût par téraoctet maîtrisé grâce à nos investissements continus en R&D.

    Quelles nouveautés incarnent le mieux cette philosophie pour la fin d’année ?

    Deux nouveaux produits illustrent cette approche. Le One Touch Desktop répond aux besoins de sauvegarde du quotidien, pour les familles comme pour les professionnels. Alimenté par USB-C et compatible avec Windows et Mac, il se connecte avec un seul câble et permet de protéger simplement photos, devoirs et fichiers importants. Il inclut également le service Rescue de récupération de données.

    Le FireCuda X Vault s’adresse davantage aux joueurs et aux créateurs de contenu. Ce disque externe haute capacité, lui aussi alimenté par USB-C, associe stockage, design et personnalisation grâce à un éclairage RGB synchronisable avec l’environnement de jeu ou le bureau Windows. Sa licence Xbox officielle souligne son positionnement auprès de la communauté gaming. Il comprend par ailleurs un mois de Xbox Game Pass Ultimate sur PC et deux mois d’Adobe Creative Cloud. Ensemble, ces deux lancements ouvrent une nouvelle phase de renouvellement de notre catalogue.


  • Minix mise de plus en plus sur les Kidultes

    Les kidultes sont une cible toujours plus chouchoutée par les spécialistes de la Pop Culture. Minix en a donc fait une priorité. Cyril Benoit, PDG de 1UP, nous explique pourquoi.

    Comment Minix se situe-t-il par rapport à la cible kidulte ?

    Minix se positionne très fortement par nature sur la cible kidulte. Une part importante de notre offre et de nos ventes repose sur des licences et des personnalités qui s’adressent directement aux adolescents et aux adultes. Cette orientation s’est renforcée au fil des collections : au football se sont ajoutés de nombreux univers issus de la musique, du cinéma et des séries, avec une place croissante donnée aux icônes des années 1980, 1990 et 2000. Minix accompagne donc pleinement la progression du phénomène kidulte, avec un catalogue de plus en plus transversal et générationnel.

    Comment expliquez-vous cette bonne adéquation entre Minix et la cible kidulte ?

    La force de Minix est de transformer des figures de la culture populaire en objets de collection immédiatement reconnaissables, dans un format homogène et accessible. Le collectionneur peut réunir dans un même univers visuel ses joueurs préférés, des légendes du football, des artistes ou des personnages de films et de séries. Cette diversité crée un lien très fort avec la nostalgie, mais aussi avec l’actualité : Minix peut faire cohabiter Michael Jackson, Freddie Mercury, Rocky ou Rambo avec des stars actuelles du football comme Mbappé, Dembélé ou Doué. Le prix public autour de 15 euros sur la collection 12 cm favorise également l’achat plaisir, le cadeau et la constitution progressive d’une collection.

    Développez-vous des concepts produits ou des opérations commerciales autour de cette cible ?

    Notre approche consiste d’abord à travailler les collections par grandes communautés de passion : football, musique, cinéma, séries et pop culture. Cela permet en magasin de créer des univers thématiques et des temps forts liés à l’actualité culturelle ou sportive. Nous développons également de nouveaux formats plus directement fondés sur la mécanique de collection. C’est notamment le cas des Blind Bags 7 cm, avec des assortiments dédiés au football et un principe de figurine « chase », qui renforce la découverte, l’échange et la recherche de la collection complète distinctif de cette cible.

    Quelles sont vos nouveautés pour cette cible sur le 2e  semestre 2026 ?

    Le second semestre illustre particulièrement ce positionnement kidulte. La prochaine vague de sortie accueille notamment Elton John, Mick Jagger, John Wick, Batman et le Pingouin de The Batman, tandis que la suivante poursuivra cette logique avec Keith Richards, Michael Jackson période Grammys 1984, Tupac, Iron Maiden, Matrix, Rocky IV, ou Mortal Kombat. Nous renforçons en parallèle le football avec de nouvelles stars et légendes et surtout des collections Blind Bags 7 cm, dont une série « Coupe du Monde des Légendes » réunissant notamment Ronaldo, Ronaldinho, Henry, Zidane, Baggio, Pirlo, Davids, Seedorf, Raúl ou Iniesta. L’objectif reste le même : proposer des personnages qui ont marqué plusieurs générations tout en restant connecté aux grandes actualités sportives et culturelles.

     


  • TCL, PARTENAIRE DE GENTLE MATES POUR LA 4e ANNÉE

    En reconduisant son partenariat avec Gentle Mates, TCL crédibilise son offre de moniteurs gaming dont certains sont conçus en étroite collaboration avec les joueurs de l’équipe. Elise Dupuis, directrice Marketing de TCL revient sur les nouveautés d’un gamme 2026 qui s’étoffe.

     

    De quelle façon TCL se distingue sur l’univers du gaming ? 

    TCL vient de reconduire son partenariat historique avec le club d’esport Gentle Mates créé par Squeezie, Gotaga et Brawks (rejoint par Nikof en tant que nouveau CEO) et dont la communauté a encore augmenté de 20% cette année. Gentle Mates constitue le pivot de notre communication sur le gaming. Il nous permet d’une part, d’obtenir une forte visibilité sur les maillots et lors des Live Twitch auprès des 12 millions de joueurs esport en France (de plus de 15 ans) et globalement auprès des 15-34 ans. D’autre part, grâce à la co-conception de nos moniteurs avec les joueurs de Gentle Mates (M8), TCL bénéficie de toute la crédibilité nécessaire auprès des gamers. Après un premier moniteur, le 24G645, nous étoffons la gamme Gentle Mates avec deux moniteurs ultraperformants : le 27C2A et le 27P2A Pro. TCL offre ainsi des moniteurs qui répondent aux besoins des joueurs sans compromis sur la performance et la qualité d’image et ce, au meilleur prix, conformément à l’ADN de la marque. 

     

    Quels sont les qualités techniques de ces moniteurs TCL Gentle Mates ?

    Le 27P2A Pro-A s’adresse aux joueurs esport les plus exigeants, amateurs de FPS, qui recherchent vitesse, précision et réactivité avec un écran Mini-Led QHD ultra réactif (320 Hz, 1 ms) et lumineux (800 Nits – disponible dés juin à 379 euros). Il répond totalement aux attentes des joueurs de l’équipe M8 qui ont pensé le produit, conçu par nos ingénieurs. Le 27C2A est polyvalent, il offre un compromis pour profiter au sein d’un seul et même écran de la qualité d’immersion dans des jeux AAA mais avec une grande réactivité. Grâce à la technologie QD-Mini-Led et 1 196 zones de local dimming, il offre une image incomparable atteignant 1 600 nits (Disponible en juin à 499 euros) tout en étant capable de basculer d’une résolution QHD vers le Full HD pour atteindre une fréquence de 320 Hz avec un temps de réponse de 1ms pour du gaming expert.

     

    Comment s’organise le reste de la gamme moniteurs gaming de TCL ?

    La gamme 2026 s’étoffe et compte désormais une douzaine de référence. Elle est structurée autour de trois profils de joueurs identifiés (via une étude Ipsos). Le premier (série X) s’adresse à une cible qui recherche un écran polyvalent (gaming et qualité d’image) comme notre écran Oled de 32 pouces (Réf 32X3A – 1 299 euros). Ce produit design intègre un haut-parleur Bang & Olufsen dans son pied et offre une expérience unique. Pour les  joueurs à la recherche de la meilleure immersion, La série C répond à leurs attentes (Réf 27C2A). Enfin les séries P s’adressent aux joueurs friand de réactivité : le 27P2A Pro-A Gentle Mates en est le porte-drapeau. Et la gamme est complétée par d’autres produits à prix maîtrisé : 25P1AD, 27P1AD, 27P2A (Disponible à 199, 249 et 299 euros) afin d’offrir une solution convaincante à tous les joueurs. Le partenariat Gentle Mates s’affiche en linéaire sur tous nos moniteurs qui sont ainsi bien identifiés. Enfin notre téléviseur TCL C7L est également mis en avant auprès des gamers car elle propose le meilleur des compromis pour le gaming (144 Hz, Game Bar, Dolby Vision, etc). Enfin cet été, TCL entend surfer sur la montée en puissance du esport en France qui va accueillir deux événements majeurs à Paris : L’Esports World Cup 2026 et le Major de Paris de « Call of Duty », organisé par Gentle Mates fin juin.


  • SteelSeries : le son, nouvelle frontière du gaming

    En pleine progression, SteelSeries accélère son déploiement retail et redéfinit les frontières du périphérique gaming. Benoit Aveline, Marketing Manager France, détaille une stratégie premium qui permet de conquérir tous les segments.

     

    Comment SteelSeries se positionne-t-il actuellement sur le marché français ?

    La dynamique s’avère réellement favorable, malgré un contexte de marché exigeant. Sur le casque — notre produit phare —, nous occupons la deuxième place en valeur sur l’ensemble du marché français et la première sur le retail spécifiquement. Ce résultat prend tout son relief dans un secteur qui a reculé de 10% : nous y avons non seulement résisté, mais significativement progressé en parts de marché. Sur les claviers, notre position demeure solide et notre potentiel de progression reste intact. Les souris constituent un terrain plus disputé : nous occupons la 4e place. Globalement, le marché français reste particulièrement fragmenté, connaît un vrai renouvellement de ses acteurs majeurs, ce qui crée des opportunités réelles. Enfin, si nous étions historiquement très ancrés sur le PC, nous avons bâti une présence considérable sur console — une transformation structurelle qui élargit sensiblement notre base de consommateurs.

     

    Votre déploiement dans la distribution physique a connu une accélération marquée. Qu’est-ce qui l’a rendue possible ?

    Nous avons profondément réorienté notre stratégie de distribution. Historiquement très concentrés sur le canal online, nous avons investi massivement vers le retail pour développer des comptes directs, augmenter notre surface de vente et renforcer notre puissance de frappe en magasin. Le résultat se mesure concrètement : une présence désormais établie chez les multi spécialistes comme Boulanger ou la Fnac, une accélération chez des enseignes comme Darty, des investissements lourds chez les spécialistes du jeu vidéo comme Micromania, et un déploiement renforcé dans les GSA (Leclerc, Auchan…). Cette expansion repose sur un prérequis fondamental : la qualité intrinsèque de nos produits. Mais elle s’appuie aussi sur la profondeur de notre ligne de prix, qui nous permet de répondre à toutes les audiences, de l’entrée de gamme aux références ultra-premium.

     

    Quels dispositifs physiques en magasin accompagnent cette stratégie ?

    Chaque enseigne appelle un dispositif adapté à son modèle et à sa clientèle. Chez certains espaces culturels Leclerc, nous testons des dispositifs autour de 2 casques, 2 souris, 1 clavier et 1 tapis — des installations précieuses qui permettent au consommateur de prendre en main les produits directement. Permettre au consommateur d’expérimenter la qualité de nos produits avant l’achat représente pour nous un enjeu commercial fondamental. La qualité de nos produits se défend elle-même dès lors qu’on leur donne la possibilité de s’exprimer.

     

    SteelSeries reste-t-elle une marque 100 % gaming ou son positionnement évolue-t-il ?

    Le gaming constitue et constituera toujours notre cœur de marché. Mais certains de nos produits franchissent désormais les frontières traditionnelles du secteur. L’Arctis Nova Elite, sorti fin 2025, et le tout récent Arctis Nova Pro Omni atteignent un niveau de performance audio qui rivalise avec les meilleurs casques audiophiles du marché. Ils nous ouvrent une cible nouvelle : les audiophiles exigeants. Les consommateurs passionnés de jeux vidéo manifestent une appétence globale pour le son de haute qualité — dans le jeu, dans la musique …  — et renouvellent régulièrement leur matériel pour accéder au meilleur. En touchant cette cible, nous redéfinissons ce que doit être un casque gaming : un objet d’innovation absolue, pas simplement un accessoire fonctionnel.

     

    Vous évoquez la notion de frontière sonore. Pouvez-vous développer ?

    Le jeu vidéo a réalisé des progrès considérables sur le gameplay, sur l’image, sur le digital. La prochaine grande zone de conquête, c’est le son. Les joueurs les plus exigeants — comme ceux qui s’investissent sur des titres comme Fortnite ou Valorant — savent que la spatialisation sonore peut faire la différence sur le plan compétitif. Notre technologie Sonar répond précisément à cette attente : elle transforme l’expérience auditive en véritable avantage tactique. Mais au-delà du gaming compétitif, c’est l’ensemble des consommateurs de contenus de haute qualité qui exigent des produits capables d’en restituer toute la richesse. 

     

    Comment SteelSeries articule-t-elle sa stratégie premium avec une présence affirmée en entrée et milieu de gamme ?

    Le parallèle avec la F1 s’impose naturellement. Les technologies développées pour nos produits haut de gamme descendent progressivement vers les gammes inférieures, au fil du temps et de l’évolution des coûts de production. Notre casque Arctis Nova 1 intègre ainsi les mêmes drivers audio que notre Arctis Nova 7 Gen 2, référence haut de gamme gaming. Cette logique de ruissellement technologique nous permet d’être pleinement compétitifs sur le cœur du marché — la tranche des 80-100 euros — tout en maintenant une image et une exigence premium qui irriguent l’ensemble de la gamme. L’excellence n’admet pas de compromis: elle s’applique à chaque produit, quel que soit son positionnement tarifaire.

     

    Quels sont vos porte-étendards technologiques du moment ?

    Nous venons de lancer en quelques mois plusieurs références qui incarnent pleinement cette ambition. Sur les casques : l’Arctis Nova 7 Pro Gen 2, l’Arctis Nova Elite et l’Arctis Nova Pro Omni redéfinissent les standards de la catégorie. Sur les claviers, l’Apex Pro Gen 3 prolonge une lignée de références incontournables pour les joueurs les plus exigeants. Sur les souris, l’Aerox 3 Wireless Gen 2, tout juste lancée, apporte une proposition technique solide sur un segment très disputé. Chacun de ces produits porte des innovations qui irrigueront bientôt nos gammes intermédiaires.

     

    Comment SteelSeries anime-t-elle sa communauté et sa présence marketing en France ?

    Notre association avec T1 — l’une des meilleures équipes d’esport au monde, celle de la légende Faker — constitue notre ancre internationale la plus visible. En France, nous travaillons avec des influenceurs et streamers reconnus. Ces dispositifs communautaires se combinent avec des campagnes publicitaires plus classiques et une présence active sur les réseaux sociaux. Une approche à 360°.


  • Sandisk : une nouvelle ère pour le stockage

    Nouvelle identité visuelle, nouvelle gamme, nouveaux produits… Depuis sa prise d’indépendance, Sandisk se réinvente. Kalima Toubal, Directrice Marketing EMEAI, nous dévoile la direction stratégique qui guide cette transformation.

     

    Votre  nouveau logo et votre nouvelle identité visuelle symbolisent-t-ils un véritable renouveau de la marque?

    Ce nouveau logo s’accompagne d’une identité visuelle renouvelée et d’une promesse forte : « Space to Hold More ». Cette évolution reflète notre volonté de placer les utilisateurs au cœur de notre démarche. Alors que les usages et les comportements évoluent rapidement, les créateurs filment désormais jusqu’à 16K, les gamers explorent des univers toujours plus immersifs et les consommateurs créent, partagent et sauvegardent des volumes croissants de contenus de haute qualité. Dans ce contexte, les besoins en stockage, en performance et en fiabilité n’ont jamais été aussi exigeants.

     

    Les utilisateurs exigeants sont-ils au coeur des préoccupations de Sandisk ?

    Tout à fait. Pour les créateurs de contenu, la gamme Creator Series propose des solutions de stockage allant de 256 Go à 8 To, adaptées aussi bien aux amateurs qu’aux professionnels. Nous proposons également la gamme SANDISK Extreme PRO CFexpress Type A, conçue pour les professionnels de la vidéo et du cinéma. Elle intègre la technologie PCIe Gen4 pour permettre la capture de contenus jusqu’en 12K et offre une vitesse d’écriture soutenue minimale de 3 100 Mo/s (versions 2 To et 4 To). Concernant le jeu vidéo, la nouvelle gamme SANDISK Optimus marque une nouvelle étape dans l’évolution de la marque. Elle se décline en trois modèles : Optimus SSDs (pour les créateurs), Optimus GX SSDs (gamers) et Optimus GX PRO SSDs (professionnels et les joueurs les plus exigeants). 

    La nouvelle génération de solutions de stockage Sandisk propose des SSD portables plus rapides, plus performants et prêts pour l’ère de l’IA. Grâce à des capacités accrues et à des performances optimisées, ils s’intègrent dans un design compact qui tient dans la poche.  Nous offrons également une clé USB-C SANDISK Extreme Fit conçues pour répondre aux besoins de capacité, de mobilité et de productivité des laptops et tablettes, offrant jusqu’à 1 To de stockage à 400 Mo/s (128 Go – 1 To).

     

    Sandisk travaille avec des licences, pouvez-vous nous en dire plus ? 

    Nous disposons dans le gaming de partenariats officiels avec Nintendo Switch, Sony PlayStation et Microsoft Xbox mais aussi avec d’autres partenaires comme Fortnite, Crayola, ou les Schtroumpfs. À l’occasion de la Coupe du Monde de la FIFA, Sandisk a lancé une gamme de solutions de stockage (disques SSD portables, cartes SD et clés USB-C) sous licence officielle FIFA. Inspirés de l’univers du football et du design emblématique du sifflet d’arbitre, en cinq coloris, ces produits rendent également hommage aux pays hôtes de la compétition. À l’heure où chacun crée, capture et partage toujours plus de contenus, le stockage ne se limite plus à une simple question de capacité : il devient le gardien de nos souvenirs, de nos créations et de nos moments les plus précieux. 


  • Innelec : indépendant et de plus en plus diversifié

    Acteur historique et indépendant de la distribution high-tech et gaming, Innelec accélère sa diversification vers la pop culture et de nouveaux circuits. Julien Peyrafitte, son Président du Directoire, détaille une stratégie de long terme appuyée sur des fondations logistiques et technologiques renouvelées.

     

    Quelle philosophie guide Innelec dans un marché en pleine recomposition ?

    Notre indépendance constitue notre atout le plus précieux et notre différence fondamentale. Un actionnariat stable et familial nous affranchit de toute pression court-termiste. Nous construisons sur le temps long, avec une vision stratégique qui se mesure en années, pas en trimestres. Cette liberté nous permet d’accompagner nos partenaires — distributeurs comme fournisseurs — dans des accords durables et mutuellement profitables, sans jamais céder aux logiques opportunistes. Nous voulons que tout le monde prospère. 

     

    Quels sont les points forts qui différencient Innelec auprès de ses clients distributeurs ?

    Notre force réside dans notre capacité à absorber la complexité pour le compte de nos enseignes partenaires. Une dizaine de commerciaux terrain, quatre vendeurs sédentaires, des échanges réguliers avec les centrales d’achat : nous connaissons les besoins de nos clients avec une précision rare. Cette proximité nous permet de concevoir des rayons multimarques cohérents — sur les produits dérivés ou les accessoires, par exemple — parce que nous sommes les seuls à disposer de l’ensemble des produits sur toutes les catégories et auprès de toutes les enseignes. Nous ne nous positionnons pas comme de simples pousseurs de boîtes. Notre valeur ajoutée réside dans la construction d’écosystèmes complets, capables de créer de la valeur durable en rayon.

     

    La diversification constitue-t-elle désormais un axe stratégique central ?

    Absolument, et nous n’en sommes qu’au début. La dématérialisation du software contraint l’ensemble des acteurs de la distribution gaming à élargir leur périmètre. Le gaming demeure et demeurera le cœur de notre réacteur — ses fondamentaux restent solides, même si le métier présente une cyclicité inhérente. Mais nous avançons résolument vers des territoires complémentaires. La Pop Culture représente déjà 20 % de notre chiffre d’affaires sur le dernier trimestre fiscal, avec une croissance très soutenue sur les produits dérivés. Une tendance que nous anticipons durable. Nous nous diversifions également vers des segments connexes grâce à des partenariats comme Govee, Verbatim, Sandisk ou PNY — autant de portes d’entrée vers de nouvelles typologies d’enseignes, notamment dans le bricolage. Des circuits où notre légitimité se construit progressivement, mais avec méthode.

     

    Comment Innelec se positionne-t-il sur sa capacité à créer des offres globales pour la distribution ?

    C’est précisément là que réside notre différence structurelle. Nous ne commercialisons pas des produits isolés — nous construisons des univers. Prenons l’exemple des cartes TCG : nous distribuons des fournisseurs comme Konami, mais nous proposons simultanément tout un écosystème d’accessoires de protection — une trentaine de références Konix — qui amplifie la valeur du rayon pour l’enseigne et optimise le panier moyen. Nous concevons des opérations larges et diversifiées autour de thématiques qui mobilisent des communautés : des licences à forte actualité comme Harry Potter, dont la série arrive en fin d’année, des segments en pleine croissance comme les cartes TCG, ou des phénomènes communautaires comme la K-Pop. Notre capacité à assembler ces univers riches et cohérents représente une proposition de valeur que peu de distributeurs peuvent égaler sur le marché français.

     

    Quelle place occupent vos marques internes dans ce dispositif ?

    La marque Konix joue un rôle essentiel dans notre architecture commerciale. Elle offre une gamme complète et complémentaire de nos partenaires AAA — Turtle Beach, Sandisk, Thrustmaster, Sony, Nintendo … — aussi bien sur console que sur PC. Nos équipes sélectionnent avec rigueur les produits aux meilleures rotations en magasin, en s’appuyant sur des usines référentes du secteur. Konix ne vient pas concurrencer nos partenaires stratégiques — elle comble des espaces, fluidifie les assortiments et répond aux demandes spécifiques de certaines enseignes. C’est un outil d’agilité commerciale autant qu’une marque à part entière.

     

    Vous avez récemment refondu votre plateforme Innelec.com. Quelle en constitue l’enjeu réel ?

    C’est un chantier fondamental. L’ancienne plateforme accusait quinze ans d’âge, avec une UX qui ne correspondait plus aux standards du marché. Le nouveau site offre une expérience fluide et opérationnelle pour tous nos revendeurs : accès à nos 10 000 références, gestion des francos, suivi des opérations… Le tout accessible en quelques clics. Depuis sa mise en service en début d’année, nous observons une augmentation significative du trafic et du nombre de commandes. Cet outil revêt une importance particulière pour des enseignes comme les hobby stores, dont les besoins spécifiques supposent une navigation intuitive dans une offre très large. Mais cette performance digitale ne tient que parce qu’elle repose sur des fondations logistiques solides : 15 000 m² à Moussy-le-Neuf, des outils ultramodernes, un ERP renouvelé, une logistique capable de traiter aussi bien un camion de consoles qu’une commande à l’unité pour un t-shirt collector.

     

    Comment interprétez-vous la période récente pour Innelec ?

    Le contexte de marché a généré une baisse de chiffre d’affaires que nous assumons avec lucidité. Les ajustements effectués — des départs qui s’inscrivent dans la vie normale d’une entreprise cherchant à adapter ses coûts — ne traduisent pas une restructuration mais une optimisation. Nous attaquons cette nouvelle phase avec des bases saines, des outils performants et une vision stratégique claire. La solidité de notre modèle indépendant nous donne la sérénité nécessaire pour traverser les cycles sans jamais remettre en question nos engagements de long terme envers nos partenaires.

     

    Comment imaginez-vous Innelec dans cinq ans ?

    Une entreprise profondément transformée dans sa composition, tout en restant fidèle à ses valeurs fondatrices. Le chiffre d’affaires, les clients, les fournisseurs, les catégories — tout cela évoluera significativement. Les canaux de vente se diversifieront encore, avec de nouvelles enseignes notamment dans le bricolage. La Pop Culture et les produits dérivés pèseront davantage dans notre mix. De nouveaux marchés enrichiront notre périmètre. Mais Innelec demeurera ce qu’elle a toujours été : un partenaire de confiance, agile, à circuits de décision courts, au service de ses clients. Le gaming restera notre cœur de réacteur. Et notre indépendance, notre boussole.