• Trust avance en toute confiance

    Sous la houlette de Jeroen Hoogland, son PDG, Trust connait un nouveau souffle qui le propulse plus que jamais comme acteur européen de référence de l’accessoire high tech. Il nous explique sa stratégie et sa vision.

     

    Depuis votre prise de fonction à la tête de Trust International, vous avez insufflé une nouvelle dynamique : quelle première initiative stratégique avez-vous déployée pour relancer la croissance ?

    À mon arrivée, Trust disposait d’atouts indéniables — une empreinte européenne large, des relations solides avec les distributeurs et une gamme appréciée des consommateurs à des prix accessibles. Mais la marque se définissait essentiellement par son positionnement entrée de gamme, et je percevais un potentiel inexploité bien au-delà de ce segment. Ma première initiative a consisté à transformer en profondeur notre processus de développement produit : plutôt que de partir de ce que nous savions fabriquer, nous avons commencé par comprendre les besoins réels des consommateurs. Identifier d’abord le consommateur, définir l’offre adaptée, puis trouver le partenaire de développement capable de la concrétiser. La démarche paraît simple, mais elle exige une discipline rigoureuse à l’échelle de toute l’organisation.

    Ce changement d’approche a ouvert la voie à une montée délibérée vers le milieu de gamme — meilleure qualité, design renforcé, packaging et marketing plus soignés — notamment dans le gaming. Aujourd’hui, environ 1/3 de notre chiffre d’affaires provient de produits milieu de gamme. Cette proportion continuera d’évoluer.

     

    Comment conciliez-vous la montée en gamme avec le maintien d’une promesse tarifaire compétitive ?

    Notre ambition ne consiste pas à devenir une marque premium. Ce serait une erreur de cap et, objectivement, ce n’est pas là que réside notre avantage concurrentiel. Nous construisons la référence la plus fiable du milieu de gamme — des produits dotés d’un design soigné, d’une qualité solide et d’un prix qui semble juste plutôt que sacrifié. Cet équilibre tient parce que nous ne renions pas notre gamme entrée de gamme. Nous l’étendons vers le haut sans la remplacer. Le consommateur qui recherche un clavier ou une webcam abordable et fiable trouvera toujours exactement ce dont il a besoin dans notre catalogue. Mais celui qui souhaite quelque chose de plus réfléchi — meilleure ergonomie, esthétique plus aboutie, produit qui s’impose naturellement sur son bureau — dispose désormais d’une option Trust qu’il n’aurait pas trouvée il y a deux ans.

     

    Quelle philosophie sous-tend votre diversification ?

    Le fil conducteur de tout ce que nous fabriquons repose sur une réalité simple : la vie des consommateurs ne se découpe pas en catégories étanches. Celui qui utilise un casque gaming Trust le vendredi soir rejoint ainsi souvent un appel client le lundi matin. Et chaque client se demande : est-ce que ça fonctionne, de manière fiable, sans frustration ? Peut-on réellement faire confiance à cette marque ? La convergence entre accessoires gaming et bureautiques, s’observe déjà dans plusieurs catégories, et elle devrait s’accélérer. L’exemple le plus parlant dans notre propre portefeuille concerne les sièges. Un consommateur qui utilise un siège de haute qualité pendant huit heures de jeu le samedi est la même personne qui a besoin d’un bon maintien dorsal tout au long d’une semaine de travail. L’ergonomie représente une tendance de fond aussi bien pour les gamers que pour les professionnels, avec des exigences produit quasi identiques.

    Trust se définit comme une marque spécialiste des périphériques PC et gaming, avec une approche écosystémique centrée sur ses consommateurs — gamers et travailleurs hybrides. Notre objectif consiste à leur proposer l’ensemble des périphériques pertinents et à intégrer de nouvelles catégories adjacentes et émergentes. L’ergonomie en constitue un exemple concret : face à son importance croissante pour nos consommateurs, nous avons étoffé notre gamme de souris ergonomiques et de supports PC. 

     

    Où situez-vous aujourd’hui votre véritable avantage ?

    Cela tient surtout à quelque chose de relativement peu tangible : la proximité. Des équipes présentes sur le terrain à travers toute l’Europe, y compris sur des marchés que la plupart des grandes marques mondiales traitent comme secondaires — cette présence locale nous permet d’identifier les tendances consommateurs plus tôt que nos concurrents : un virage vers les produits ergonomiques dans un pays, une évolution des préférences chromatiques dans un autre… La dimension réglementaire, moins spectaculaire mais déterminante sur le plan commercial, mérite également d’être soulignée. Nous investissons significativement dans les certifications que nos revendeurs et clients professionnels vérifient réellement. Cela crée des frictions pour nos concurrents et renforce notre crédibilité. Notre avantage tient donc à trois éléments : connaissance locale, réactivité, et la confiance qu’inspire une marque européenne qui prend la conformité au sérieux.

     

    Vous avez accéléré sur les licences. Pourquoi ?

    Les licences constituent une composante majeure de notre stratégie d’entreprise depuis plusieurs années, avec des partenariats engageants noués avec Sony, Warner Bros., Paramount, et bientôt d’autres. Ces collaborations ne relèvent pas de l’opportunisme ponctuel — elles s’inscrivent dans une feuille de route produit délibérée qui donnera lieu à des lancements significatifs tout au long de 2026 et 2027. Ces partenariats nous permettent d’atteindre un public consommateur plus large et de consolider notre positionnement milieu de gamme. Nous observons à la suite de ces partenariats que la marque GXT Trust progresse en notoriété perçue.

     

    Trust a significativement renforcé son approche centrée sur le consommateur : comment traduisez-vous cela concrètement ?

    La compréhension consommateur constitue le point de départ non négociable — non plus une étape de validation en bout de cycle. En pratique, nos équipes produit consacrent du temps à comprendre les usages réels : comment les travailleurs hybrides basculent effectivement entre leurs appareils là où les produits actuels génèrent des frictions que les consommateurs ont simplement appris à tolérer.  La rapidité d’exécution vient de boucles de rétroaction courtes entre l’insight consommateur et le cahier des charges produit. Cette combinaison — insight et vitesse d’exécution — constitue souvent un point faible des grands concurrents, dont les cycles de développement s’avèrent tout simplement plus longs.

     

    Dans quelle mesure l’éco-responsabilité peut-elle constituer un avantage concurrentiel sans peser sur la rentabilité ?

    L’opposition entre durabilité et rentabilité mérite d’être questionnée, car dans notre expérience, la tension s’avère bien moindre qu’elle ne le paraît. Nous détenons la médaille d’or EcoVadis depuis quatre années consécutives, ce qui reflète une intégration réelle de la durabilité dans notre fonctionnement — et pas seulement dans notre communication. Matériaux recyclés, durabilité des produits, principes de conception orientés réparabilité, transparence de la chaîne d’approvisionnement : ces engagements ne constituent pas seulement de bonnes histoires à raconter aux distributeurs.

     

    Une gamme large constitue l’une de vos forces historiques : à l’heure où les distributeurs rationalisent leurs linéaires, ne faut-il pas apprendre à faire moins, mais mieux ?

    Un portefeuille large ne génère un problème que lorsqu’il manque de cohérence. Quand chaque produit répond à un usage précis, s’adresse à un consommateur identifié et présente une raison claire d’occuper le linéaire plutôt qu’une alternative, la largeur devient un service rendu aux partenaires commerciaux, non un fardeau. C’est là que Trust se distingue. En étendant notre portefeuille vers le milieu de gamme tout en continuant à servir les consommateurs à prix d’entrée, nous maintiendrons une offre large dans nos catégories cœur — souris, claviers et casques. 

     

    Le marché des accessoires demeure fragmenté mais stratégique : anticipez-vous une consolidation?

    Une consolidation supplémentaire me semble inévitable, mais peut-être pas de la façon dont on l’envisage généralement. Le vrai moteur ne sera pas la seule force des marques — ce sera la conformité réglementaire. Chez Trust, nous abordons ces évolutions dans une position favorable. Nous disposons de la taille et des ressources nécessaires pour répondre à ces exigences, avec l’avantage supplémentaire d’être implantés en Europe.

     

    Les usages hybrides — travail, jeu, mobilité — redéfinissent les besoins : assiste-t-on à une nouvelle vague d’innovation ou à une standardisation progressive des produits ?

    La prochaine phase se définira moins par des percées technologiques individuelles que par l’intégration intelligente de ce qui existe déjà. La connectivité sans fil est devenue la norme de base — la question n’est plus de savoir si un produit fonctionne en sans-fil, mais avec quelle fluidité il passe d’un ordinateur portable à une tablette ou à un téléphone. La multi-connectivité devient une exigence standard plutôt qu’un différenciateur. Les batteries rechargeables supplantent le modèle des piles jetables. L’innovation authentique se situe encore dans l’ergonomie à l’heure où les employeurs accordent davantage d’attention à la santé musculo-squelettique.

     

    Dans un environnement dominé par des géants, quelle place une marque européenne comme Trust peut-elle occuper durablement ?

    Notre ambition ne consiste pas à les surpasser en dépenses marketing, ni à rivaliser techniquement. Un mauvais combat à mener. La position durable de Trust consiste à incarner le choix le plus fiable du milieu de gamme. Un positionnement précieux, que les géants, du fait de leur taille et de leurs ambitions premium, laissent souvent mal servi. Notre identité européenne constitue un avantage, non une limitation. Présence locale et réactivité aux tendances régionales sont autant d’atouts qu’une marque mondiale ne peut pas facilement reproduire à distance. 

     

    À quoi ressemblera Trust en 2030 ?

    D’ici 2030, je souhaite que Trust s’impose sans ambiguïté comme la marque de référence du milieu de gamme européen pour les accessoires workspace et lifestyle. Non la plus premium — mais la plus fiable et la plus digne de confiance dans le segment où la majorité des consommateurs font réellement leurs achats. La structure de l’entreprise se transformera. Le B2B représentera une part bien plus importante de notre activité. Le mix produit continuera de se déplacer vers le milieu de gamme, et notre présence en Europe de l’Est gagnera considérablement en importance. Par ailleurs, nous aurons significativement étendu notre gamme de produits sous licence, avec de multiples partenariats avec des grandes marques mondiales. 

     

    Quelles avancées technologiques pourraient remodeler votre industrie dans les prochaines années ?

    Les deux à trois prochaines années se définiront davantage par la maturation des technologies existantes : connectivité multi-appareils vraiment transparente, la fiabilité du sans-fil qui progressera encore, rechargeabilité… La question qui me semble la plus intéressante concerne ce que l’IA signifie pour la conception des périphériques en étant véritablement intégrée dans la façon dont un appareil s’adapte à son utilisateur : des claviers qui apprennent les habitudes de frappe, des casques qui ajustent le traitement audio en fonction de l’environnement, des caméras qui optimisent automatiquement le cadrage… 


  • Jeu vidéo : des révolutions qui redessinent le secteur

    Nicolas Vignolles, délégué général du SELL dresse un panorama lucide et nuancé d’un marché en pleine recomposition — entre dynamiques structurantes, résilience française et chantiers ouverts.

     

    Quelles transformations vous semblent aujourd’hui les plus structurantes pour le jeu vidéo ?

    J’en citerai quatre, qui me semblent dessiner ensemble la physionomie du secteur pour les années à venir.

    La première tient à l’omniprésence désormais acquise du jeu vidéo et de ses franchises phares dans l’ensemble de la culture populaire. Mario au cinéma, The Last of Us en série télévisée, les Pokémon en cartes TCG… Des groupes comme Sony ou Nintendo portent avec une conviction croissante cette logique transmédia, et les grands univers vidéoludiques occupent enfin pleinement l’espace à 360° qu’ils méritaient. Ce mouvement ne constitue pas une dilution de l’identité du jeu vidéo — il en représente au contraire l’aboutissement culturel.

    La deuxième tendance structurante réside dans la capacité des éditeurs et constructeurs traditionnels à absorber les grandes révolutions pour mieux les transformer en leviers de croissance. Internet dans les années 2000 a engendré le jeu multijoueur et le digital ; la décennie suivante a vu naître le Game as a Service ; aujourd’hui, une nouvelle révolution se met silencieusement en marche et portera le secteur pendant plusieurs années encore. L’histoire du jeu vidéo démontre une remarquable capacité d’adaptation de ses acteurs majeurs. Rien ne suggère que ce cycle vertueux se brise.

     

    Vous évoquiez quatre tendances. Quelles sont les deux suivantes ?

    La troisième me tient particulièrement à cœur : l’essor des concepts qui mobilisent les communautés dans la vie réelle. L’esport en constitue l’expression la plus visible et la plus puissante. Les joueurs ressentent un besoin croissant de moments physiques, de rassemblements autour de personnages iconiques et de personnalités charismatiques qui fédèrent. En cela, l’esport me semble mieux calibré que le sport traditionnel pour répondre aux modes de consommation des jeunes générations. L’esport reste une vitrine extrêmement positive pour le jeu vidéo dans son ensemble, capable de faire vivre des communautés et de générer des événements physiques d’une intensité rare.

    La quatrième tendance concerne la progression fulgurante des jeux bac-à-sable : Minecraft, Roblox, Fortnite et leurs équivalents. Un fossé se creuse entre les 25-40 ans, qui privilégient les jeux traditionnels sur PC ou console, et les 10-18 ans, qui consomment massivement ces univers ouverts. Leurs mécaniques reposent l’accès à une multiplicité de mini-jeux et des expériences transmédia sophistiquées — des formules hybrides entre jeu vidéo et réseau social qui épousent parfaitement les habitudes médiatiques de la génération 10-20 ans. La question qui se posera inévitablement : que fera cette cible en vieillissant ? Migrera-t-elle vers le jeu classique, vers les réseaux sociaux, ou restera-t-elle fidèle à ce genre ? Des tendances lourdes sur lesquelles tout jugement hâtif et rétrograde s’avérerait contre-productif.

     

    Comment la France se positionne-t-elle dans ce contexte mondial ?

    Il convient d’abord de dissocier soigneusement l’état du marché de l’état de la production — une confusion qui nourrit une sinistrose injustifiée.

    Du côté marché, la France dispose d’atouts considérables. Le pays compte 25 millions de joueurs actifs — un parc installé absolument remarquable — et le marché, même s’il progresse désormais plus lentement, s’appuie sur des fondations solides. Les portes d’entrée vers le jeu vidéo se multiplient : la Pop Culture, le cinéma, les séries, des expositions comme celle de la Philharmonie de Paris ou la prochaine à la Cinémathèque… Le jeu mobile joue un rôle de vecteur précieux, avec un tiers des joueurs mobiles qui effectuent la transition vers le jeu classique. Le pouvoir d’achat dédié au jeu vidéo, contrairement aux idées reçues, se maintient : il gravite autour de 110 euros par an et par joueur, répartis selon les années entre jeux, DLC, hardware et accessoires. Ce marché n’a pas régressé — il a atteint un plateau à un niveau exceptionnellement élevé après une croissance phénoménale.

     

    Et du côté de la production française ?

    La « French Touch » reste une réalité vivante, même si le secteur doit se remobiliser après des années d’expansion parfois artificielle. Notre industrie mobilise entre 12 000 et 15 000 personnes en France. La période post-Covid a créé une illusion d’eldorado : les investissements coulaient à flot, les ventes gonflaient massivement, et le secteur a grossi au-delà de ses fondamentaux. Lorsque le marché a retrouvé son niveau « naturel » et que les investisseurs ont réorienté leurs capitaux vers l’IA, une forme de bulle a éclaté. Ce phénomène, douloureux à traverser, n’en reste pas moins logique. Les mesures nécessaires se prennent, par l’ensemble des acteurs. Il ne faut pas confondre ajustement structurel et déclin.

    Des fragilités persistent néanmoins. La France excelle en création de contenu, mais accuse un retard en création de valeur : nous ne disposons pas de grandes plateformes de distribution digitale ni de hardware propre. Le crédit d’impôt jeu vidéo, malgré ses qualités, souffre d’une inadaptation croissante aux réalités du marché. Et nous manquons d’investisseurs capables d’accompagner les développements de manière ambitieuse et durable.

    Un point de vigilance supplémentaire mérite d’être souligné : le quasi-monopole de certaines plateformes de distribution digitale, véritables « gate-keepers » pour de nombreux créateurs de contenus, soulève des questions stratégiques fondamentales. De même, la tentation croissante de certains créateurs de se passer de la fonction éditoriale — un discours qui avait disparu dans les années 2010 — me semble mal adaptée à un écosystème mondialisé où la mise sur le marché reste un métier à part entière.

     

    Quel bilan tirez-vous de 2025 et du début 2026 ?

    2025 s’est révélée une belle année pour le hardware, portée par la dynamique de la 9e génération. La situation s’est avérée plus complexe pour le software, pour deux raisons principales : un déficit de grandes locomotives en termes de nouveautés, et la bonne santé des blockbusters sortis les années précédentes — comme Hogwarts Legacy — qui continuent à générer des revenus très significatifs en DLC. Cette catégorie a d’ailleurs très bien fonctionné en 2025, plébiscitée par les 25-45 ans, bien moins par les 10-20 ans.

    Le début 2026 ressemble beaucoup à cette dynamique, avec des ventes très solides sur des titres comme Pokopia. La fin d’année 2026 devrait en revanche s’avérer exceptionnelle, avec des jeux très attendus au rendez-vous. Toute lecture trop rapide ou définitive de cette période resterait donc prématurée.

     

    Quelle place occupe encore le jeu physique dans cet écosystème ?

    Le jeu physique a atteint un plancher, mais ce plancher se maintient à un niveau vraiment élevé. Sur le marché du jeu console software — qui représente presque 400 millions d’euros— le physique pèse encore 42% des ventes de jeux complets. Un chiffre très supérieur à ce que l’on observe sur les autres marchés mondiaux. 

     

    L’explosion du prix des composants constitue-t-elle une menace sérieuse ?

    Dans une industrie aussi technologique, l’impact s’avère réel et durable. L’explosion des prix des composants et de la RAM, associés aux tensions sur les minerais, l’énergie et les crises géopolitiques et le fait que la quasi-totalité de la production hardware provient d’Asie font mécaniquement grimper le coût du hardware. Ce phénomène s’intensifie du fait des arbitrages des investisseurs et des fondeurs de semi-conducteurs, obnubilés par la révolution de l’IA, qui n’orientent pas leurs priorités vers les industries B2C comme le jeu vidéo.

     

    Comment les pouvoirs publics peuvent-ils accompagner ces mutations ?

    L’argent public se raréfie, et son usage doit s’avérer d’une efficacité maximale. L’enjeu consiste à activer les bons leviers : créer le terrain économique le plus favorable possible aux créateurs et entrepreneurs, adopter une optique résolument « business friendly », et rendre la filière plus attractive pour les investisseurs internationaux. Nos concurrents européens — Royaume-Uni et Allemagne en tête — investissent massivement dans cette direction. Le modèle French Tech offre une inspiration pertinente : pour un euro investi, le dispositif générait directement 1,5 euro de chiffre d’affaires, sans compter les emplois créés, le développement de filière et la multiplication des licornes — passées de 1 à 39 au fil du dispositif. Des pistes méritent d’être explorées sérieusement : relever substantiellement le plafond du crédit d’impôt jeu vidéo, actuellement bloqué à 6 millions d’euros, et assouplir les conditions d’éligibilité lorsqu’une part importante — sans nécessiter la totalité — de la production s’effectue en France. Une chose reste par ailleurs fondamentale : les pouvoirs publics ne doivent en aucun cas orienter la création, les contenus ou les formats, surtout dans le contexte actuel.

     

    La question de la violence et de l’addiction revient régulièrement dans le débat public. Quelle réponse apporte l’industrie ?

    Dénoncer simplement la violence dans le jeu vidéo, c’est méconnaître profondément les réalités d’une industrie responsable et le travail accompli depuis des décennies. Le PEGI en constitue l’illustration la plus éloquente : né d’un accord entre les pouvoirs publics et l’industrie — dans la conviction que c’est l’industrie elle-même qui connaît le mieux ses problématiques — il représente l’un des plus grands systèmes de protection de l’enfance au monde, salué par la Commission européenne et déployé dans plus de 40 pays, aussi bien sur les jeux digitaux que physiques, sur le hardware comme sur le software.

    Le système a récemment évolué pour coller aux réalités d’un marché transformé : la classification par âge ne se concentre plus uniquement sur le contenu, mais intègre désormais les modèles économiques — lootboxes notamment — ou l’obligation de vérification d’âge pour accéder aux fonctions de chat. Des géants comme Epic Games ou Roblox ont validé cette approche et rejoint le dispositif. Contrairement à d’autres secteurs — les réseaux sociaux en tête — qui préfèrent laisser les situations se dégrader derrière des armées d’avocats, l’industrie du jeu vidéo prend ses responsabilités et les assume pleinement. 


  • The G-Lab : 10 ans de gaming, cap sur le premium français.

    10 ans après sa création, The G-Lab s’impose comme un acteur référent du périphérique gaming. Stefan Riesser, PDG, et Stéphane Dall’armi, Directeur des Achats et du Développement Produits, détaillent une stratégie de montée en gamme assumée avec la gamme Elite, tout en respectant les fondamentaux de la structure.

     

    The G-Lab fête ses 10 ans. Revenez sur la genèse de cette aventure.

    S. R. : The G-Lab naît d’une conviction forgée au sein de AXS Group, maison mère de BlueStork — notre marque bureautique, toujours active, qui fête ses 20 ans. BlueStork portait un vrai savoir-faire sur les périphériques de saisie (clavier, souris), avec un positionnement qualité-prix solide et une expertise sourcing reconnue. Mais le gaming ne figurait pas parmi ses priorités. Notre analyse du secteur désignait les accessoires PC gaming comme un segment à fort potentiel. The G-Lab s’est construit sur ces fondations en bâtissant un storytelling propre, fort et identifiable, et en investissant massivement la communauté et les réseaux sociaux. C’est ce travail de fond qui a fait grandir la marque.

     

    Quel bilan chiffré dressez-vous de cette décennie ?

    S.R. : Le bilan parle de lui-même. Sur les claviers gaming, nous occupons la première place en volume depuis presque deux ans avec environ 25 % du marché —  + 6 points en un an, + 10 points en deux ans — et nous sommes récemment devenus numéro deux en valeur, selon GFK. C’est un cas unique en Europe : aucune autre marque nationale ne domine son marché domestique du clavier gaming. Nous sommes fiers de porter cette singularité française. Nos ventes de claviers gaming dépassent le million d’exemplaires depuis le lancement de la marque. 

     

    Pourquoi le lancement de la gamme Elite aujourd’hui ?

    S. D. A . : Notre ADN originel cible les utilisateurs néophytes avec des accessoires référents dans leur catégorie de prix. Mais notre base de consommateurs a muri en même temps que nous, monte en compétence, et réclame des produits à la hauteur de cette progression. La gamme Elite répond précisément à cette demande. Elle propose des claviers entre 80 et 100 euros aux spécifications pointues : le Elite 300, par exemple, se distingue par son format mécanique sans fil triple mode, ses switchs linéaires pré-lubrifiés hot-swappable et sa structure gasket cinq couches. La déclinaison magnétique arrive. Nous venons également de lancer la souris sans fil Kult Elite M150, et un casque audio Elite arrivera en 2027.

     

    Envisagez-vous une diversification vers la console ou d’autres segments ?

    S. D. A . : Nous préférons concentrer nos ressources là où nous excellons. Des produits connexes (mobilier, tapis de souris…) complètent naturellement notre offre, mais le marché de la console ne constitue pas une priorité. 

     

    L’international représente-t-il un important levier de croissance ?

    S.R. : L’international pèse déjà entre 30 et 40 % de notre chiffre d’affaires, et son accélération constitue un axe stratégique majeur. La gamme Elite, avec ses produits vraiment différenciants, nous offre enfin une proposition premium capable de convaincre sur des marchés exigeants. Notre présence au CES 2027 incarnera concrètement cette ambition.


  • IIYAMA G-Master : 10 ans et une révolution OLED

    Pour le 10e anniversaire des clans IIYAMA G-Master, Iiyama franchit une étape majeure avec l’arrivée de l’OLED et le lancement d’un 4e clan G-MASTER, Titan Falcon. Franck Lopez, Senior Account Manager Consumer Electronics chez IIYAMA International, détaille cette stratégie. 

     

    Iiyama G-Master fête ses 10 ans. Comment la gamme se structure-t-elle aujourd’hui ?

    IIYAMA G-Master regroupe l’intégralité de notre offre gaming, soit une trentaine de références organisées en trois Clans aux positionnements distincts. Black Hawk cible les joueurs casual et les usages hybrides gaming-bureautique. Red Eagle constitue notre cœur de gamme performance, du 24 au 45 pouces, du Full HD au Wide QHD UHD. Gold Phoenix, enfin, s’adresse aux joueurs compétitifs avec des fréquences atteignant 320 Hz. Pour ces 10 ans, nous offrons à IIYAMA G-Master une véritable révolution en lançant un 4e  clan baptisée Titan Falcon, dédiée exclusivement à l’OLED. Nous en profitons également pour rafraîchir l’esthétique de l’ensemble de nos avatars, avec un design plus moderne qui correspond mieux aux attentes actuelles de nos consommateurs.

     

    Pourquoi l’OLED maintenant, et quelle proposition technique portez-vous ?

    Chez Iiyama, nous intégrons une technologie uniquement lorsqu’elle atteint sa maturité optimale, jamais pour suivre une tendance. L’OLED gaming représente désormais 25% de la valeur du segment gaming, en forte progression : notre présence devenait indispensable. Titan Falcon débute avec un 27 pouces QHD à 280 Hz, disponible dès juin à 499 euros. La fiche technique ne laisse rien au hasard : dalle 10 bits, technologie Tandem OLED Meta 3, 1 500 candelas, USB-C avec charge intégrée, KVM, connectivité complete HDMI 2.1, DisplayPort… Des moniteurs hyperpuissants positionnés comme du Smart Premium, capables de satisfaire un utilisateur exigeant aussi bien en gaming qu’en Entertainment haute qualité. La gamme Titan Falcon s’élargira dès la rentrée avec un 32 pouces 4K, puis à plus long terme avec un 34 pouces, un 49 pouces et d’autres références à venir.

     

    Ces moniteurs OLED marquent-ils aussi une rupture sur le plan du design ?

    Absolument. Au-delà de la performance technologique, Titan Falcon représente une rupture esthétique réelle. Nos moniteurs OLED affichent un profil ultra-fin, un nouveau traitement de la face arrière et un éclairage LED coloré qui signe une identité visuelle inédite chez Iiyama. Une direction stylistique amenée à influencer nos futurs produits bien au-delà de cette seule collection.

     

    L’ensemble de la gamme G-Master évolue-t-il dans ce même élan ?

    Ce lancement s’inscrit dans un rafraîchissement global de notre offre gaming. Les Black Hawk passent intégralement en 144 Hz. Les Red Eagle montent en puissance avec un minimum de 240 Hz désormais et Gold Phoenix 320hz. Nous complétons également nos gammes avec un 49 pouces et des références IPS incurvées. 


  • ONLAN accélère sa montée en puissance


    Portée par son intégration au sein de WeConnect, la marque ONLAN s’impose dans l’écosystème des accessoires gaming. Décryptage par Thomas Nicodème, Own Brand Manager d’Ezratis, d’une stratégie fondée sur l’accessibilité et la rotation rapide.

     

    Comment se porte ONLAN ?
    L’intégration au sein de WeConnect constitue un levier d’accélération décisif pour ONLAN. Les marques propres occupent une place centrale dans la stratégie du groupe, permettant un déploiement rapide sur un segment historiquement peu investi par WeConnect. La dynamique d’élargissement de l’offre illustre cette ambition : 26 références en 2023, 40 en 2025, avec une projection à 90 dès 2026.
    Les indicateurs confirment cette traction : selon GfK, la marque figure en 2025 parmi les trois plus fortes progressions en sell-out sur les segments claviers et souris ; GSD recense par ailleurs trois modèles dans le Top 10 des souris les plus vendues en France. Ce positionnement complète efficacement le portefeuille du groupe centré sur les marques AAA. Portée par une approche pragmatique et orientée usage, la marque s’impose comme un partenaire incontournable des distributeurs en combinant prix maîtrisés, fiabilité produit et efficacité commerciale.

     

    Comment positionnez-vous la marque ONLAN sur un marché des accessoires gaming déjà très concurrentiel ?
    ONLAN articule une proposition de valeur claire : délivrer l’essentiel au meilleur prix. Dans un marché français alimenté chaque année par plus de 640 000 nouveaux joueurs, la marque cible prioritairement les primo-accédants, avec des produits immédiatement opérationnels.
    3 piliers structurent cette approche : un rapport qualité/prix particulièrement compétitif, une forte réactivité commerciale et une capacité d’adaptation rapide, incluant des références spécifiques. Cette agilité permet de s’imposer comme une alternative crédible dans un univers dominé par des acteurs internationaux. Loin d’une fuite en avant technologique, ONLAN privilégie des solutions éprouvées, issues d’usines auditées, garantissant fiabilité et faible taux de retour. Cette orientation pragmatique renforce la confiance des distributeurs et consolide la satisfaction des utilisateurs. La stratégie produit repose sur la démocratisation de technologies matures, sélectionnées pour leur fiabilité et leur pertinence d’usage. Plutôt que de céder à une innovation déconnectée des attentes réelles, la marque privilégie des solutions robustes et accessibles. Nos périphériques combinent fiabilité, design sobre valorisant en point de vente et adéquation avec les usages contemporains mêlant gaming et streaming.
    La croissance s’appuie sur un levier central : la satisfaction produit, moteur d’une double adhésion, à la fois côté distributeurs pour la performance commerciale et côté consommateurs pour la fiabilité et le prix.

     

    Quelles cibles vise ONLAN ?
    La cible prioritaire regroupe les nouveaux entrants sur le marché du gaming, en quête d’un premier équipement performant et accessible. Ce flux, estimé à plusieurs centaines de milliers d’utilisateurs annuels, constitue un vivier stratégique. La qualité perçue et la cohérence tarifaire favorisent un sell-out soutenu en retail, tout en stimulant le réachat. Dans un environnement concurrentiel exigeant, cette fidélisation progressive contribue à installer durablement la marque dans les usages.

     

    Comment se structurent vos gammes sur PC ?
    L’offre couvre l’ensemble des besoins essentiels : claviers (15 références), souris (6 références), tapis de souris, enceintes 2.0, manettes tant avec filaire que sans fil… À cet ensemble s’ajoute une gamme d’accessoires dédiés au “setup” — supports casque, multiprises intelligentes verticales, lampe de bureau multi effets RGB — segment en forte progression.
    Cette logique d’écosystème traduit une volonté d’accompagner l’utilisateur dans la personnalisation de son espace de jeu ou de travail. Des extensions vers de nouveaux univers, tels que les sièges gaming, figurent également à l’étude.

     

    … Et sur console ?
    La console s’impose comme un relais de croissance majeur. Historiquement centrée sur le PC, l’activité évolue vers une répartition plus équilibrée entre PC, console et streaming. À terme, un équilibre proche de 40% PC, 40% console et 20% streaming se dessine.
    Les gammes couvrent notamment Switch 1 et 2 (protection, sacoche de transport, manette, casque, élément de charge…), PS5 (grâce à de nombreuses nouveautés en 2026 avec casque, base de charge, manette sans fil…) et Xbox Series (casque, Play & Charge…). Plusieurs lancements viendront enrichir ces lignes dès 2026.

     

    Où en êtes-vous sur les accessoires pour streaming ?
    L’essor du streaming transforme une partie des joueurs en créateurs de contenu. ONLAN accompagne cette mutation avec une gamme complète incluant webcams, microphones, éclairages et fonds verts permettant de jouer, partager et créer. Le lancement récent d’une caméra 4K illustre cette volonté de proposer des solutions accessibles et immédiatement opérationnelles.

     

    Comment structurez-vous votre stratégie de distribution ?
    Le retail physique constitue le canal prioritaire, concentrant l’essentiel de notre activité (98%). Les produits, conçus comme déclencheurs d’achat, s’appuient sur des packagings sobres, lisibles et pédagogiques, facilitant la compréhension en rayon et la conversion.
    La marque entretient une relation étroite avec ses partenaires distributeurs, en s’appuyant sur les remontées terrain d’Ezratis et de WeConnect. Cette écoute active permet d’ajuster rapidement l’offre, favorisant des rotations élevées et une forte efficacité commerciale.

     

    Avez-vous prévu une internationalisation de votre distribution ?
    Une présence à l’export existe déjà, notamment en Europe, DOM-TOM & Afrique. Néanmoins, la priorité demeure le marché français. Le développement s’inscrit dans une logique progressive, visant à consolider les acquis avant toute expansion plus large.


  • 1UP fait de la Switch 2 une priorité

    Comme nous l’avait annoncé Cyril Benoit, son PDG, 1UP mise fortement sur la Switch 2. Un an après le lancement de sa gamme d’accessoires dédiés, il fait le point et nous donne ses perspectives.

     

    Quel bilan tirez-vous de votre première année d’activité sur la Switch 2 ?

    Cette première année a été une étape très importante pour nous, car elle marque le véritable lancement de notre gamme Oniverse sur une console dès son démarrage. La Switch 2 est la 1re plateforme sur laquelle nous avons été présents dès le day one, ce qui nous a permis de démontrer notre capacité à structurer une gamme complète. Nous avions plus de 12 références dès le lancement de la console, et une vingtaine aujourd’hui. Cette dynamique se poursuivra, avec une gamme qui s’enrichira progressivement jusqu’à la fin 2026.

     

    Quelles sont vos nouveautés attendues dans les prochains mois sur cette console ?

    Dans les mois qui ont suivi le lancement, nous avons structuré notre offre avec des produits plus techniques, notamment nos manettes développées sur nos propres moules. Les premiers mois de commercialisation sont très encourageants, avec des retours très positifs, notamment à travers les tests produits. Nous avons également élargi la gamme avec des solutions de charge et des supports multi compatibles, avec l’objectif de couvrir l’ensemble des usages autour de la console. Nous continuerons à enrichir cette gamme en 2026 avec plusieurs nouveautés, toujours avec la volonté de proposer des produits utiles, différenciants et accessibles.

     

    Quelles seront les plus importantes ?

    Les produits les plus structurants pour nous restent clairement les deux manettes Aura et Foenix. La Foenix se distingue par sa dimension multi compatible, avec notamment une rétrocompatibilité GameCube. L’ Aura, de son côté, se positionne sur un registre plus premium, avec un niveau de qualité proche des standards esport, un écran intégré et des possibilités de compatibilité étendues, bien au-delà de la Switch 2. Elle intègre notamment un D-Pad micro-switch de qualité esport, apportant une précision supplémentaire sur les usages exigeants. Plus globalement, l’ensemble de nos manettes intègre la technologie Hall Effect, que nous déployons déjà depuis plus d’un an sur nos gammes. Elles sont également conçues avec des batteries amovibles, ce qui permet d’améliorer leur recyclabilité. Ces deux produits incarnent notre montée en gamme et vont clairement porter notre développement sur cette génération de consoles.

     

    Vous évoquiez l’an dernier des produits plus innovants sur Switch 2. Allez-vous concrétiser cette volonté ?

    Oui, complètement. Les premières manettes que nous avons développées pour la Switch 2 sont déjà le résultat de cette volonté d’innovation. Mais ce n’est qu’une première étape. Nous travaillons déjà sur les prochaines générations de produits, avec l’ambition d’aller encore plus loin en termes d’expérience utilisateur, de compatibilité et d’innovation.


  • ViewSonic, pour travailler où qu’on soit


    ViewSonic érige le home office en relais de croissance stratégique. Jean-Joseph Lam, Directeur Général, et Liliane Pereira-Machado, Responsable Marketing de la filiale française, livrent leur lecture d’un marché en recomposition.

     

    Où en est ViewSonic sur la thématique du home office ?
    J. J. L. : Dans un environnement contraint, ViewSonic maintient une trajectoire solide grâce à une gamme spécifiquement pensée pour le télétravail. Un ciblage précis, adossé à un positionnement tarifaire cohérent, permet de couvrir l’ensemble des usages. Après une phase d’équipement massif des entreprises, un nouveau cycle s’ouvre, marqué par une exigence accrue en matière de confort et d’ergonomie. Dans ce contexte, la sensibilité au prix regagne du terrain. Sans encourager une logique de guerre tarifaire, les arbitrages budgétaires pèsent davantage dans la décision d’achat des consommateurs.

     

    Quelles sont les tailles qui progressent le plus sur cette thématique home office ?
    J. J. L. : Les grands formats s’imposent comme le prolongement naturel de l’ordinateur portable. Les ultrawide au format 21:9 ou les 34 pouces, en particulier ceux intégrant des fonctions de docking, enregistrent une forte dynamique. Les 24 et 27 pouces conservent néanmoins une place centrale, en particulier dans les parcs d’entreprise, grâce à leur excellent rapport efficacité/prix. Une mutation s’opère par ailleurs du double écran vers des dalles uniques de 34 pouces. Cette catégorie bénéficie d’un cercle vertueux : montée en volumes, économies d’échelle, baisse progressive des prix et démocratisation. En réponse, nous enrichissons nos gammes VA et VG sur ce segment avec par exemple le VG3457CV ou encore le VA3420C-2.
    L. P. M. : D’autres catégories complètent utilement ces dispositifs. Les écrans portatifs 16’’ pouces, tels que les TD1655 ou VA1650, rencontrent un succès croissant. Leur compacité et leur facilité de transport répondent aux exigences du flex office : travail chez le client, en déplacement ou dans des espaces contraints, sans sacrifier le confort d’affichage.

     

    Quelles sont les autres thématiques ?
    L. P. M. : Les technologies atteignent désormais un niveau de maturité élevé, ce qui déplace la différenciation vers le design. L’esthétique gagne en importance, notamment dans les environnements domestiques. À titre d’exemple, le lancement de notre moniteur 27 pouces blanc VP2766-2K-W s’inscrit dans cette tendance, afin de faciliter l’intégration harmonieuse des équipements dans l’habitat.


  • Oraxeat / Azgenon: l’ergonomie en pointe

    Distreo développe son offre bureautique qui représente une part significative et grandissante de son activité. Ahmed Himida, son PDG, fait le point.

     

    L’aspect ergonomique progresse-t-il dans vos concepts ?

    Tout à fait. L’explosion du télétravail a généré une première vague d’achats massifs, de tout niveau de qualité. Aujourd’hui, les consommateurs montent en gamme, recherchent du confort durable et des fonctionnalités avancées. Cette évolution favorise les acteurs capables de proposer des produits techniquement poussés comme nous. Nous renforçons en conséquence fortement notre catalogue de siège ergonomique et les fonctionnalités dédiées dans nos nouveautés Oraxeat. Le marché réclame désormais des réglages beaucoup plus précis : accoudoirs 5D ou 6D, commandes intégrées directement dans l’assise, mécanismes de personnalisation avancés… 

     

    Que représente l’aspect bureautique / télétravail dans votre offre ?

    La bureautique représente une part significative et grandissante de notre activité, mais la frontière avec le gaming se révèle de plus en plus poreuse : nos clients adoptent une utilisation hybride, et notre esthétique volontairement sobre facilite cette transition. Une marque comme Azgenon, plus orientée rapport qualité/prix et gaming, bénéficie également de cette dynamique et nous permet de répondre à toutes les demandes. 

     

    Être un acteur français est-il une plus-value ?

    La conception française constitue un de nos atouts maître. Un produit pensé en France, adossé à un service après-vente localisé. Ce qui génère une confiance accrue pour nos deux marques que les marques acteurs low-cost peinent à construire. Dans un contexte où la durabilité prime sur l’immédiateté, cet argument pèse lourd dans la décision d’achat — aussi bien chez le distributeur que chez le consommateur final.


  • Acer multiplie les solutions pour le télétravail

    Pour répondre aux nouveaux besoins du télétravail, Acer multiplie les solutions taillées pour la productivité : PC portables, mais aussi tablettes et PC All-in-One. Anouk Dubreuil, Chef Produit PC et Portable grand-public chez Acer nous détaille l’offre dédiée au télétravail. 

     

    Comment évolue votre offre sur le télétravail ? 

    Après la première période du Covid, nous sommes partis du postulat que le télétravail était devenu une norme et que les salariés devaient s’équiper plus efficacement. Depuis, une large gamme de produits a été développée chez Acer pour répondre aux attentes des utilisateurs en télétravail et en mobilité. Au sein de la gamme 2026, le Swift 16 AI est notre nouveau fleuron, ciblant les créatifs et les utilisateurs professionnels. Il se démarque par son pad unique avec retour haptique, le plus grand au monde. Grâce à l’IA et aux derniers processeurs Intel Core Ultra Série 3, il offre de la performance couplée à avec une dalle Oled de 16 pouces capable d’afficher une qualité d’image incomparable avec des noirs profonds et un rendu des couleurs parfait (disponible en version 32 Go/2 To à partir de 1 999 euros). Un modèle qui résume le savoir-faire de pointe du groupe.

    Nous déclinons nos gammes afin de répondre à toutes les cibles. Le Swift Go 16 AI qui existe aussi en 14 pouces se destine aux jeunes actifs souhaitant un PC léger (autour de 1 kg), polyvalent et intelligent pour le travail hybride. Il possède une grande autonomie d’une journée (disponible en AMD Ryzen 5 330 AI- 32Go /512 Go, à partir de 799 euros). Autre solution, l’Aspire 16 AI a été pensé pour les étudiants et les familles à la recherche d’un ordinateur polyvalent et accessible (à partir de 799 euros), et couvre les usages multimédia et bureautique. L’intégration de l’IA offre une très bonne autonomie.

     

    Quelles sont les autres solutions d’Acer ?

    Acer arrive avec une tablette de grande taille avec l’Iconia 14 Kickstand, équipée d’une dalle de 14 pouces avec une petite béquille à l’arrière pour l’utiliser en mode stand. Vendue en pack avec un clavier et un stylet intégré, elle offre une solution très intéressante pour la productivité avec un excellent rapport qualité/prix (disponible à partir de 299 euros). C’est une excellente opportunité pour Acer de se démarquer sur le marché des tablettes.

    Pour un maximum de confort, nous avons la nouvelle gamme de All-in-One (réf.  C24 et C27 – disponible à partir de 999 et 1 099 euros) qui s’adresse aux professionnels indépendants, médecins, boutiques, etc. Cette série existe en deux formats, 24 et 27 pouces. Elle est totalement réglable et s’adapte à chaque environnement de travail (rotation verticale). Son design très élégant facilite son intégration dans différents environnements. Ce PC AIO sont équipés des nouveaux processeurs Intel série 3 (Wildcat Lake) ultraperformants. Enfin, il ne faut pas oublier nos solutions Chromebook, segment dont Acer est leader en France et en Europe. Le nouveau Chromebook 315 (réf. CB315-8H) avec son écran de 15,6 pouces convient parfaitement pour le télétravail.

     

    Quels sont les autres accessoires disponibles ?

    En plus de notre large gamme de moniteurs, Acer propose un écran mobile de 15,6 pouces très apprécié des travailleurs en mobilité (réf. PM161QB1 à 149 euros). Ce produit malin s’adapte aux nouveaux besoins. Acer dispose également d’une large gamme d’accessoires pour répondre à tous les besoins du télétravail. De plus, nos routeurs Wi-Fi 5G, comme le Acer Connect M6E, sont les compagnons parfaits pour le télétravailleur d’aujourd’hui.


  • Iiyama mise sur les nouveaux besoins


     

    Acteur historique de l’affichage, Iiyama capitalise sur l’évolution des usages professionnels et domestiques. Frédéric Serafin, directeur général France, décrypte les mutations d’un segment en phase de recomposition.

     

    Quelles tendances agissent sur la demande en moniteur pour home office ?
    Les contraintes macroéconomiques freinent les volumes. Les équipements acquis durant la période Covid conservent de solides performances, ce qui allonge mécaniquement les cycles de renouvellement. Dans ce contexte, les industriels doivent préserver leurs parts de marché sans céder à une pression tarifaire excessive, sous peine d’éroder durablement la valeur du secteur.
    Un redémarrage du segment BtoB se profile néanmoins, l’amortissement des parcs installés arrivant à échéance. Par effet de ruissellement, les usages professionnels influencent désormais le marché grand public : les utilisateurs équipés en entreprise d’écrans 34 pouces ou intégrant des fonctions de docking recherchent des configurations équivalentes à domicile. Les remplacements ne s’orientent donc plus vers des formats identiques, mais vers des solutions plus larges, plus ergonomiques et à plus forte valeur d’usage.

     

    Comment fonctionnent vos écrans dédiés à la bureautique ?
    Une migration structurelle s’opère vers les formats 34 pouces ultrawide, qui se substituent progressivement aux configurations à double écran, souvent composées de dalles 24 pouces. Cette dynamique, amorcée après la période Covid, s’intensifie avec l’ouverture d’un nouveau cycle de renouvellement, notamment en BtoB, cinq à six ans après la phase d’équipement massif.
    Les arbitrages d’achat privilégient désormais des montées en gamme : surfaces d’affichage élargies, design plus soigné, confort accru. Les formats 24 pouces subsistent principalement pour des raisons budgétaires. Parallèlement, la baisse progressive des coûts sur les 34 pouces accélère leur démocratisation.
    Cette tendance se traduit concrètement dans les performances commerciales : les ventes de 32/34 pouces progressent fortement, avec une trajectoire passant d’environ 17 500 unités en 2024 à 28 000 en 2025, et une projection supérieure à 30 000 unités en 2026. En réponse, l’offre s’étoffe rapidement, avec une multiplication des références et des déclinaisons sur ce segment.

     

    Quels autres besoins impactent la demande en produit pour home office ?
    Pour certains consommateurs, les frontières entre usages bureautiques et gaming s’estompent, certains écrans initialement conçus pour le jeu trouvant leur place dans des environnements professionnels domestiques. Les technologies avancées, telles que l’OLED, demeurent pour l’instant cantonnées à des segments premium en raison de leur positionnement tarifaire.
    L’esthétique s’impose comme un levier de différenciation croissant, en particulier dans les espaces hybrides mêlant vie personnelle et activité professionnelle. Enfin, l’ergonomie s’affirme comme une attente structurante, tandis que les stations d’accueil intégrées, encore non généralisées, poursuivent leur diffusion au sein des gammes intermédiaires et supérieures.